Démarches Particuliers
Vos droits et démarches
Particuliers — Mairie de Corneilla-de-Conflent
Peut-on revenir sur le partage des biens aprÚs un divorce ?
Si, aprĂšs votre divorce, vous vous rendez compte qu'un bien a Ă©tĂ© oubliĂ© ou sous-Ă©valuĂ© lors du partage, vous pouvez demander un partage complĂ©mentaire ou un complĂ©ment de part. Si votre ex-Ă©poux a obtenu votre consentement par des manĆuvres ou des mensonges, vous pouvez demander la nullitĂ© du partage. Nous vous prĂ©sentons les informations Ă connaĂźtre.
Plusieurs situations peuvent se présenter :
- Ex-époux lésé de plus d'1/4 des biens
- Oubli d'un bien dans le partage
- Dissimulation d'un bien par un époux
- Partage affecté par un vice du consentement.
Vous avez le droit de partager vos biens de maniÚre inégale. Par exemple, vous avez pu recevoir 1/3 des biens et votre ex-époux 2/3.
Cependant, si vous avez Ă©tĂ© lĂ©sĂ© de plus d'1/4, vous pouvez demander un complĂ©ment de part. Par exemple, si un des biens partagĂ©s a Ă©tĂ© sous-Ă©valuĂ©. La valeur dont vous avez Ă©tĂ© lĂ©sĂ©e peut vous ĂȘtre accordĂ©e en numĂ©raire ou en nature (par exemple appartement, terrain).
Pour déterminer si vous avez été lésé, il faut examiner la valeur des biens au moment du partage, et non pas leur valeur actuelle.
Vous devez agir pour un complément de part dans un délai de 2 ans à compter du partage.
L'action en complément de part n'est pas possible si le partage a été homologué ou prononcé en justice par un Jaf (par exemple en cas de divorce par consentement mutuel judiciaire).
Vous ou votre ex-époux avez pu oublier de faire figurer un bien dans l'acte de partage.
Dans ce cas, vous pouvez faire une demande de partage complĂ©mentaire portant seulement sur ce bien, mĂȘme si ce bien est de faible valeur.
Votre demande n'est soumise Ă aucun dĂ©lai de prescription. Elle peut ĂȘtre faite Ă tout moment.
Si votre ex-époux a détourné ou dissimulé intentionnellement un bien afin de rompre l'égalité du partage, on parle de recel de communauté.
Par exemple, votre ex-époux ne déclare pas des actions, vend un bien commun à un prix inférieur à sa valeur réelle et conserve la différence pour lui.
Il y a recel de communautĂ© si le bien dĂ©tournĂ© est un bien commun. Tel est le cas pour un bien acquis pendant votre mariage si votre rĂ©gime matrimonial est celui de la communautĂ© rĂ©duite aux acquĂȘts.
Il n'y a pas de recel de communautĂ© sur des biens indivis. Tel est par exemple le cas si vous ĂȘtes mariĂ©s sous le rĂ©gime de la sĂ©paration de biens dans lequel il n'y a pas de biens communs.
Si vous estimez ĂȘtre victime d'un recel, c'est Ă vous d'apporter la preuve de ce recel.
Le bien recélé par votre ex-époux auteur du fait lui est retiré et vous est attribué intégralement. Si le bien n'appartient plus à l'ex-époux auteur du recel, la restitution peut se faire en valeur.
Vous pouvez Ă©galement demander des dommages et intĂ©rĂȘts Ă votre ex-Ă©poux pour la rĂ©paration des prĂ©judices supplĂ©mentaires causĂ©s par le recel.
Un ex-époux peut invoquer la nullité du partage pour cause de vice du consentement, c'est-à -dire en cas de dol, de violence ou d'erreur.
Vous ne pouvez pas demander la nullité du partage pour vice du consentement si le partage a été prononcé par un juge.
Il y a dol lorsqu'un ex-Ă©poux a obtenu le consentement de l'autre par des manĆuvres ou des mensonges.
Il y a également dol lorsqu'un ex-époux a dissimulé intentionnellement une information importante pour l'autre ex-époux.
L'ex-époux qui souhaite faire valoir ce vice du consentement doit agir dans un délai de 5 ans.
La prescription court Ă compter du jour oĂč l'ex-Ă©poux dĂ©couvre le dol.
La violence d'un ex-époux est un vice du consentement si l'acte a entraßné chez l'autre ex-époux un préjudice dans le partage des biens.
C'est le cas par exemple si un ex-époux a été amené à s'engager ou à renoncer à un droit en raison du comportement menaçant de l'autre ex-époux.
L'ex-époux qui souhaite faire valoir ce vice du consentement doit agir dans un délai de 5 ans.
La prescription court Ă compter du jour oĂč la violence a cessĂ©.
Un ex-époux peut demander la nullité du partage en cas d'erreur portant sur l'existence ou la quote-part des droits des époux.
La nullitĂ© peut aussi ĂȘtre invoquĂ©e par un ex-Ă©poux en cas d'erreur sur la propriĂ©tĂ© des biens Ă partager (par exemple, un bien d'abord considĂ©rĂ© comme propre s'avĂšre ĂȘtre un bien commun).
L'ex-époux qui souhaite faire valoir l'erreur doit agir dans un délai de 5 ans.
La prescription court Ă compter du jour oĂč l'Ă©poux dĂ©couvre l'erreur.
Vous pouvez tenter une résolution amiable auprÚs d'un notaire, en particulier si vous souhaitez demander un complément de part ou si un bien a été oublié lors du partage,
En cas de désaccord, en particulier lorsque le partage est affecté par un vice du consentement ou qu'il y a un recel de communauté, vous devez saisir le juge judiciaire.
S'il apparaĂźt que les consĂ©quences de la violence, du dol ou de l'erreur peuvent ĂȘtre rĂ©parĂ©es autrement que par l'annulation du partage, le tribunal peut, Ă la demande de l'un des Ă©poux, ordonner un partage complĂ©mentaire ou rectificatif.
Le tribunal judiciaire à saisir est celui du domicile du défendeur.
Vous devez obligatoirement prendre un avocat pour faire cette procédure.
Le tribunal doit ĂȘtre saisi par une assignation rĂ©digĂ©e par votre avocat.
Si vos ressources sont insuffisantes, vous pouvez demander à bénéficier de l'aide juridictionnelle pour prendre en charge tout ou partie de vos frais d'avocat.
Textes de référence
- Code civil : articles 887 Ă 888 â Actions en nullitĂ© de partage
- Code civil : articles 889 Ă 892 â Action en complĂ©ment de part
- Code civil : article 1477 â Recel de communautĂ©
- Code civil : articles 1130 Ă 1144 â Vices du consentement