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Particuliers — Mairie de Corneilla-de-Conflent
Viol commis sur une personne majeure
Si une personne a subi un acte de pĂ©nĂ©tration sexuelle non consenti, il sâagit dâun viol. La victime (ou le tĂ©moin) dâun tel acte peut contacter les secours pour obtenir une prise en charge rapide. Dans le mĂȘme temps, un signalement peut ĂȘtre fait aux agents compĂ©tents (police, agent de transports publics). Par la suite, la victime peut porter plainte. Des organismes (exemple : association) et professionnels (psychiatre, avocat, etc.) peuvent lui venir en aide. Voici les informations Ă connaĂźtre.
Cette page présente la situation du viol sur une personne majeure. Si le viol est commis sur une victime de moins de 18 ans, les rÚgles applicables sont différentes.
Le viol est dĂ©fini comme tout acte de pĂ©nĂ©tration sexuelle ou tout acte bucco-gĂ©nital ou bucco-anal, non consenti, commis sur une autre personne ou sur la personne de lâauteur. Ce crime peut ĂȘtre quelle que soit la relation entretenue par les personnes ayant eu un rapport sexuel.
Lorsquâun homme impose Ă son Ă©pouse un acte de pĂ©nĂ©tration sexuelle, il sâagit dâun viol sur lâĂ©pouse. Par ailleurs, si une femme pratique une fellation sur un homme sans son consentement, il sâagit dâun viol sur lâhomme.
Lors dâun rapport sexuel, les partenaires doivent toujours rechercher le consentement de lâautre personne. Le consentement doit ĂȘtre Ă la fois :
- Libre et Ă©clairĂ©. Les partenaires doivent ĂȘtre en capacitĂ© de donner leur accord (par exemple, sans ĂȘtre ivre) et doivent consentir Ă lâacte sans aucune forme de pression.
- SpĂ©cifique. Les partenaires peuvent consentir Ă un acte sexuel sans pour autant ĂȘtre dâaccord pour un autre acte.
- Préalable. Le consentement doit avoir été donné avant toute relation sexuelle.
- RĂ©vocable. Les partenaires peuvent retirer leur consentement mĂȘme sâils ont dĂ©jĂ acceptĂ© un rapport sexuel.
Le consentement ne peut pas ĂȘtre dĂ©duit du seul silence ou de la seule absence de rĂ©action de la victime (par exemple, un rapport sexuel avec une personne Ă laquelle des somnifĂšres ont Ă©tĂ© administrĂ©s est un acte non consenti).
Par ailleurs, lâacte de pĂ©nĂ©tration sexuelle, lâacte bucco-gĂ©nital ou bucco-anal doit avoir lieu sans contrainte, violence, menace ou surprise.
DĂšs lors que le rapport sexuel intervient dans ces conditions, on considĂšre quâil nâĂ©tait pas consenti.
Le viol peut ĂȘtre retenu dans les situations suivantes :
- Acte de pĂ©nĂ©tration sexuelle imposĂ© Ă une personne frappĂ©e avant et/ou pendant lâacte (viol avec violence)
- Acte de pĂ©nĂ©tration sexuelle imposĂ© Ă une personne qui est retenue de force dans un lieu fermĂ©, mais sans ĂȘtre frappĂ©e (viol avec contrainte physique)
- Acte de pénétration sexuelle imposé à un travailleur par son supérieur hiérarchique, notamment à la suite d'un harcÚlement sexuel (viol avec contrainte morale)
- Acte de pĂ©nĂ©tration sexuelle imposĂ© Ă une personne par un agresseur qui menace de sâen prendre Ă la famille de la victime si elle ne fait pas ce quâil lui dit (viol avec menace)
- Acte de pénétration sexuelle commis sur une personne qui dort (viol avec surprise).
Les services dâurgence (Samu, Police Secours) peuvent intervenir rapidement aprĂšs que la victime (ou un tĂ©moin) les ait contactĂ©. Le viol peut aussi ĂȘtre signalĂ© Ă la police ou Ă la gendarmerie. Enfin, si les faits se sont dĂ©roulĂ©s dans un transport public de la SNCF ou de la RATP, il est possible de faire un signalement aux agents de ces entreprises.
La victime ou le témoin de violences sexuelles (viol, agression sexuelle, etc.) peut prévenir les secours pour obtenir une prise en charge rapide.
Les moyens de contacter les services d'urgence sont adaptés à sa situation personnelle :
La victime ou le témoin de violences sexuelles peut contacter :
- Le Samu en composant le 15
- Police-Secours en composant le 17.
Pour les situations d'urgences médicales
15
Appel gratuit depuis un poste fixe et un mobile en France métropolitaine et Outre-mer
Fonctionne 24h/24 et 7j/7
Composez le 17 en cas d'urgence concernant un accident de la route, un trouble à l'ordre public ou une infraction pénale. Une équipe de policiers ou de gendarmes se rendra sur les lieux.
Vous pouvez aussi composer le 112. Vous serez alors orienté vers le bon service selon votre cas. Le 112 est utilisable dans tous les pays de l'Union européenne.
Un appel sur ces numéros est géolocalisé, identifié et priorisé. Il n'apparait pas sur les factures.
Si la situation ne relÚve pas d'une urgence, composez le numéro de votre commissariat ou de votre brigade de gendarmerie.
Si la victime ou le témoin se trouve dans un autre état de l'Union européenne, il peut contacter le service d'urgence européen en composant le 112.
112
Numéro d'urgence à utiliser pour un appel depuis un pays européen ou depuis un téléphone mobile
24h/24h et 7j/7
Appel gratuit
Les agents du 112 peuvent s'exprimer en français ou en anglais.
La victime ou le tĂ©moin dâune agression sexuelle peut envoyer un SMS au 114.
Ainsi, il communiquera uniquement par écrit avec les agents du 114.
Ces agents gĂšreront lâalerte en lien direct avec le service d'urgence le plus proche.
Ce service est gratuit et fonctionne 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.
Pour pouvoir faire intervenir rapidement les secours, le 114 a besoin :
- Du nom de son interlocuteur
- De son adresse précise
- Du motif de l'appel.
Les moyens de contacter les secours dépendent de la situation dans laquelle se trouve la victime :
La victime de violences sexuelles peut contacter :
- Le Samu en composant le 15
- Police-Secours en composant le 17.
Pour les situations d'urgences médicales
15
Appel gratuit depuis un poste fixe et un mobile en France métropolitaine et Outre-mer
Fonctionne 24h/24 et 7j/7
Composez le 17 en cas d'urgence concernant un accident de la route, un trouble à l'ordre public ou une infraction pénale. Une équipe de policiers ou de gendarmes se rendra sur les lieux.
Vous pouvez aussi composer le 112. Vous serez alors orienté vers le bon service selon votre cas. Le 112 est utilisable dans tous les pays de l'Union européenne.
Un appel sur ces numéros est géolocalisé, identifié et priorisé. Il n'apparait pas sur les factures.
Si la situation ne relÚve pas d'une urgence, composez le numéro de votre commissariat ou de votre brigade de gendarmerie.
Si la victime ou le témoin se trouve dans un autre état de l'Union européenne, il peut contacter le service d'urgence européen en composant le 112.
112
Numéro d'urgence à utiliser pour un appel depuis un pays européen ou depuis un téléphone mobile
24h/24h et 7j/7
Appel gratuit
Les agents du 112 peuvent s'exprimer en français ou en anglais.
Si la victime nâa pas la possibilitĂ© de parler Ă voix haute (par exemple, l'auteur des violences sexuelles est dans la mĂȘme piĂšce quâelle), elle peut envoyer un SMS au 114.
Ainsi, elle communiquera uniquement par écrit avec les agents du 114.
Ces agents gĂšreront lâalerte en lien direct avec le service d'urgence le plus proche.
Ce service est gratuit et fonctionne 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.
Pour pouvoir faire intervenir rapidement les secours, le 114 a besoin :
- Du nom de son interlocuteur
- De son adresse précise
- Du motif de l'appel.
La victime peut Ă©galement se prĂ©senter Ă lâhĂŽpital de son choix. Si elle estime avoir Ă©tĂ© droguĂ©e par une substance chimique, elle peut demander Ă tout mĂ©decin de lui prescrire des prĂ©lĂšvements permettant de dĂ©tecter ce type de substance. Les frais engendrĂ©s par ces prĂ©lĂšvements sont pris en charge par lâAssurance maladie.
Ă Paris, les victimes de violences sexuelles peuvent se prĂ©senter dans un Ă©tablissement de AP-HP pour ĂȘtre examinĂ©es par un mĂ©decin et rassembler un maximum de preuves, sans pour autant dĂ©poser plainte.
Lorsquâune personne se prĂ©sente dans un hĂŽpital de lâAP-HP en indiquant quâelle a Ă©tĂ© victime de violences sexuelles mais quâelle ne veut pas porter plainte, elle peut bĂ©nĂ©ficier de soins dâurgence.
Avec son accord, elle peut ĂȘtre rĂ©orientĂ©e Ă la Maison des femmes, oĂč elle sera examinĂ©e par une sage-femme et un mĂ©decin lĂ©giste de lâunitĂ© mĂ©dico-judiciaire. Elle bĂ©nĂ©ficiera Ă©galement dâune consultation avec un psychologue.
Si le mĂ©decin lĂ©giste lâestime nĂ©cessaire, des prĂ©lĂšvements ADN seront effectuĂ©s. Ils seront conservĂ©s pendant 3 ans.
Les constatations du mĂ©decin et les prĂ©lĂšvements effectuĂ©s permettront de prouver lâagression subie, si la victime souhaite dĂ©poser plainte ultĂ©rieurement.
Une messagerie instantanĂ©e (tchat) permet Ă la victime ou au tĂ©moin de violences sexuelles (viol, agression sexuelle, etc.) de dialoguer avec un policier ou un gendarme spĂ©cialement formĂ© pour ce type d'infraction. Ce professionnel aide lâauteur du signalement dans ses dĂ©marches et peut orienter la victime qui souhaite dĂ©poser plainte.
Le signalement nâest pas une plainte. Si la victime souhaite que des poursuites soient engagĂ©es contre lâauteur prĂ©sumĂ© des faits, elle doit porter plainte.
Ă tout moment, l'historique de discussion peut ĂȘtre effacĂ© de lâordinateur, du tĂ©lĂ©phone portable ou de la tablette de lâĂ©metteur du signalement.
Ă lâissue de lâentretien avec le policier ou le gendarme, la victime peut solliciter un rendez-vous avec un commissariat de police ou une brigade de gendarmerie pour dĂ©poser plainte. Elle a Ă©galement la possibilitĂ© de demander Ă ĂȘtre entendue par une personne du mĂȘme sexe.
La victime ou le tĂ©moin de violences sexuelles (viol, agression) dans les transports publics (train, bus, mĂ©tro, etc.) peut obtenir lâassistance dâun agent SNCF ou RATP en :
- Contactant le 3117
- Envoyant un SMS au 31177
- TĂ©lĂ©chargeant lâapplication « Alerte 3117 ». Cette application permet de vous gĂ©olocaliser en temps rĂ©el.
Ces services sont ouverts 7 jours sur 7 et 24h/24.
Il est Ă©galement possible de demander de lâaide Ă un agent prĂ©sent en gare ou en station.
En contactant ces agents, la victime ou le tĂ©moin facilitera lâintervention des secours et/ou des Ă©quipes de sĂ©curitĂ© de la SNCF ou de la RATP.
Plusieurs organismes (exemple : association dâaide aux victimes) et professionnels (psychologues, psychiatres, etc.) sont Ă la disposition des victimes pour les Ă©couter, les conseiller et leur apporter leur soutien.
Le site Parcours-VictimesParcours victimes (violences physiques, sexuelles ou psychologiques) permet dâavoir connaissance des structures qui peuvent venir en aide aux victimes de violences sexuelles.
Les victimes peuvent Ă©galement prendre contact avec lâun des organismes suivants :
Ăcoute, informe et oriente les femmes victimes de violences, et les tĂ©moins de ces violences.
Traite les violences physiques, verbales ou psychologiques, Ă la maison ou au travail, et de toute nature (dont les harcĂšlements sexuels, les coups et blessures et les viols).
Ne traite pas les situations d'urgence (ce n'est pas un service de police ou de gendarmerie).
Pour les autres types de violences, le 3919 assure une réponse de premier niveau et oriente ou transfÚre vers un numéro utile.
39 19 (appel gratuit depuis un téléphone fixe ou mobile en métropole et dans les DOM)
Ouvert 24h sur 24 et 7 jours sur 7
Appel anonyme
Appel ne figurant pas sur les factures de téléphone
Ce service permet aux victimes d'infractions (hors atteintes aux biens sur internet) d'ĂȘtre Ă©coutĂ©es et orientĂ©es vers une association dâaide aux victimes ou un service spĂ©cialisĂ©. Il est accessible aux personnes sourdes et malentendantes.
116 006
Appel gratuit
Service joignable tous les jours de l'année, de 9h à 20h.
+ 33 (0)1 80 52 33 76
Appel gratuit
Service joignable tous les jours de l'année, de 9h à 20h (heure de Paris).
Par mail : victimes@116006.fr
Les échanges avec ces organismes sont confidentiels.
Enfin, les victimes qui souhaitent saisir la justice, peuvent demander lâassistance dâun avocat. Ce professionnel les accompagnera tout au long de la procĂ©dure.
Si la victime nâa pas les ressources financiĂšres pour rĂ©gler les honoraires de lâavocat, elle peut Ă©ventuellement faire une demande dâaide juridictionnelle.
Une victime de viol peut porter plainte contre lâauteur de cette infraction, dans un dĂ©lai de 20 ans Ă compter de la commission des faits.
Au moment du dĂ©pĂŽt de plainte, il est recommandĂ© de se munir de tous Ă©lĂ©ments qui dĂ©montrent lâinfraction subie et qui permettent dâidentifier lâauteur de ces faits (SMS, tĂ©moignages, photographies de lâagresseur, vidĂ©o, etc.).
Pour dĂ©poser plainte, la victime peut se dĂ©placer directement au commissariat de police ou Ă la brigade de gendarmerie de son choix. Elle a Ă©galement la possibilitĂ© dâadresser un courrier au procureur de la RĂ©publique du lieu oĂč les faits se sont produits.
Lorsque la victime a dĂ©jĂ signalĂ© les faits aux forces de lâordre, il est possible quâelle ait pris rendez-vous dans un commissariat de police ou une brigade de gendarmerie pour dĂ©poser plainte. Dans ce cas, elle doit se rendre au rendez-vous fixĂ© par lâagent auquel le signalement a Ă©tĂ© fait.
La victime peut se déplacer au commissariat de police ou à la brigade de gendarmerie de son choix.
Pour déposer plainte auprÚs du procureur de la République, la victime doit envoyer un courrier au tribunal judiciaire du lieu de l'infraction ou du domicile de l'auteur de l'infraction.
Le courrier doit préciser les éléments suivants :
- Ătat civil et coordonnĂ©es complĂštes (adresse et numĂ©ro de tĂ©lĂ©phone)
- Récit détaillé des faits, date et lieu de l'infraction
- Nom de l'auteur supposé si la victime le connaßt (sinon, la plainte sera déposée contre X)
- Nom et adresse des éventuels témoins de l'infraction
- Description et estimation provisoire ou définitive du préjudice
- Documents de preuve : certificats mĂ©dicaux, arrĂȘts de travail, photographies, vidĂ©os, factures diverses, etc.
Il est possible dâutiliser un modĂšle de courrier :
La plainte peut ĂȘtre envoyĂ©e en lettre recommandĂ©e avec accusĂ© de rĂ©ception (de prĂ©fĂ©rence), par lettre simple ou par lettre suivie.
Elle peut aussi ĂȘtre directement dĂ©posĂ©e Ă l'accueil du tribunal.
Dans tous les cas, un récépissé est transmis à la victime dÚs que les services du procureur de la République ont enregistré la plainte.
Lors de la plainte, la victime peut se constituer partie civile pour obtenir des dommages et intĂ©rĂȘts.
AprĂšs la plainte, la victime est prĂ©sentĂ©e Ă un mĂ©decin spĂ©cialisĂ© qui constate ses blessures. Puis, la procĂ©dure dĂ©bute : une enquĂȘte et une instruction ont lieu et peuvent aboutir au jugement de lâauteur prĂ©sumĂ© des faits.
Le temps entre le dĂ©pĂŽt de plainte et le jugement peut ĂȘtre long. Il est donc conseillĂ© dâĂȘtre entourĂ© et soutenu, notamment par des professionnels (psychologue, association dâaide aux victimes, etc.).
Ă la suite dâune plainte pour viol, le policier ou le gendarme peut demander Ă un mĂ©decin spĂ©cialisĂ© dâexaminer la victime au sein dâune unitĂ© mĂ©dico-judiciaire (UMJ).
Ce médecin constate les éventuelles blessures et recherche des traces ADN. Il peut également rechercher toutes traces de drogue qui aurait été délivrée par l'auteur du viol.
ââUn test de dĂ©pistage du Sida et, si nĂ©cessaire, un test de grossesse pourront ĂȘtre rĂ©alisĂ©s.â
Ă lâissue de lâexamen mĂ©dical, le mĂ©decin doit dĂ©livrer un certificat mĂ©dical Ă la victime. Ce document indique les lĂ©sions subies. Il sert dâĂ©lĂ©ment de preuve contre lâauteur des faits.
Il est recommandĂ© Ă la victime de garder les vĂȘtements quâelle portait au moment de lâinfraction, dâĂ©viter de se doucher et de se munir de tous les documents mĂ©dicaux en lien avec les faits (exemple : certificat mĂ©dical dâun mĂ©decin traitant).
Au cours de lâenquĂȘte, les forces de lâordre recherchent tous les Ă©lĂ©ments permettant dâĂ©tablir la vĂ©ritĂ©.
Lâauteur prĂ©sumĂ© des faits peut ĂȘtre immĂ©diatement interpelĂ© (si la victime a pu lâidentifier). Il peut Ă©galement ĂȘtre convoquĂ© ultĂ©rieurement pour ĂȘtre entendu par la police ou par la gendarmerie.
Les enquĂȘteurs peuvent recevoir la victime en mĂȘme temps que lâauteur prĂ©sumĂ© des faits pour entendre leurs 2 versions. Durant cette confrontation, chaque partie peut ĂȘtre assistĂ©e dâun avocat.
La durĂ©e de lâenquĂȘte varie en fonction de la complexitĂ© de lâaffaire. Elle aboutit Ă la saisine du procureur de la RĂ©publique.
Le procureur de la RĂ©publique dĂ©cide des suites Ă donner Ă lâaffaire : il peut saisir le juge dâinstruction pour quâil ouvre une information judiciaire ou classer lâaffaire sans suite.
En cas de classement sans suite, la victime peut directement saisir le juge dâinstruction en se constituant partie civile.
Lâinformation judiciaire (ou instruction) permet de rassembler des preuves, de rechercher les auteurs d'infractions et dâĂ©tablir la vĂ©rité dans une affaire pĂ©nale.
Si la victime sâest prĂ©alablement constituĂ©e partie civile, elle a diffĂ©rents droits au cours de lâinstruction (exemple : accĂšs au dossier).
Durant lâinstruction, elle peut ĂȘtre entendue Ă plusieurs reprises par le juge dâinstruction.
Lâinformation judiciaire peut durer jusquâĂ 18 mois. Lorsque lâaffaire est en Ă©tat dâĂȘtre jugĂ©e et que le juge d'instruction estime qu'il existe assez d'Ă©lĂ©ments pour considĂ©rer qu'il y a eu viol, l'affaire est renvoyĂ©e devant une Cour d'assises ou devant une Cour criminelle.
Si lâauteur prĂ©sumĂ© des faits est mineur lâaffaire sera renvoyĂ©e devant le tribunal pour enfants (mineur de moins de 16 ans) ou devant la cour dâassises des mineurs (mineur de plus de 16 ans).
En principe, lâauteur prĂ©sumĂ© des faits est jugĂ© par la cour criminelle.
Cependant, si le viol a Ă©tĂ© commis avec des circonstances aggravantes (exemple : viol sous la menace dâune arme) ou que lâauteur prĂ©sumĂ© est en Ă©tat de rĂ©cidive, le procĂšs a lieu devant la cour dâassises.
Si lâauteur prĂ©sumĂ© des faits est mineur, ce sont les juridictions pour mineurs qui sont compĂ©tentes.
En principe, les procÚs qui se déroulent devant la cour d'assises et devant la cour criminelle sont publics : n'importe qui peut assister aux audiences.
MĂȘme si le procĂšs est public, il est interdit de procĂ©der Ă des enregistrements audio ou vidĂ©o. Lâutilisation dâappareil photo est Ă©galement prohibĂ©. En cas de non-respect de ces rĂšgles, une amende de 18 000 ⏠peut ĂȘtre prononcĂ©e par la juridiction.
Si la victime souhaite que le procĂšs ait lieu sans public, elle peut demander une audience Ă huis clos.
La victime ou son avocat peut faire cette demande Ă lâoral, avant lâouverture des dĂ©bats.
La juridiction est dans lâobligation dâaccepter cette demande. DĂšs lors quâelle ordonne le huis clos, seules les personnes impliquĂ©es dans lâaffaire (victimes, accusĂ©s, avocats, tĂ©moins, etc.) peuvent accĂ©der Ă la salle dâaudience.
L'auteur d'un viol (ou dâune tentative de viol) encourt une peine de rĂ©clusion criminelle et des peines complĂ©mentaires. Lorsqu'il est dĂ©clarĂ© irresponsable pĂ©nalement, des sanctions spĂ©cifiques s'appliquent.
La condamnation pour viol est inscrite au casier judiciaire de la personne condamnée. Son nom est inscrit au fichier des auteurs d'infractions sexuelles ou violentes (Fijais).
Lâauteur dâun viol encourt une peine principale et des peines complĂ©mentaires.
Peine principale
En principe, la peine encourue pour un viol est égale à 15 ans de réclusion criminelle.
Cette peine peut ĂȘtre portĂ©e Ă 20 ans de rĂ©clusion criminelle dans les cas suivants :
- Le viol a entraßné une mutilation ou une infirmité permanente
- Les faits ont Ă©tĂ© commis alors que la victime prĂ©sentait une particuliĂšre vulnĂ©rabilitĂ© en raison dâune situation de handicap, dâune maladie, dâune grossesse ou dâune situation financiĂšre compliquĂ©e
- Les faits ont été commis par un ascendant, une personne ayant autorité sur la victime (enseignant, employeur, etc.) ou une personne abusant de l'autorité que lui confie ses fonctions (par exemple, un policier)
- Le viol a été commis par plusieurs personnes agissant en tant que co-auteurs ou complices
- Lâauteur des faits Ă©tait muni dâune arme
- Le viol a Ă©tĂ© commis par un individu qui a Ă©tĂ© mis en contact avec la victime par le biais dâun service de communication en ligne
- Lâauteur des faits a violĂ© plusieurs personnes et il nâa pas encore Ă©tĂ© jugĂ© pour les autres viols
- Lâauteur des faits est la personne avec laquelle la victime est mariĂ©e, pacsĂ©e ou en concubinage
- Lâauteur du viol Ă©tait en Ă©tat dâivresse ou sous lâemprise de drogues au moment des faits
- Le viol a été commis sur une personne se livrant à la prostitution, y compris de maniÚre occasionnelle
- Lorsqu'un mineur était présent au moment des faits
- La victime a Ă©tĂ© droguĂ©e Ă son insu de sorte quâelle ne pouvait pas comprendre ce qui lui arrivait ou contrĂŽler ses actes
- Le viol a Ă©tĂ© commis dans un transport en commun (bus, train, etc.) ou dans un lieu permettant dâaccĂ©der Ă ce transport (gare, station de mĂ©tro, arrĂȘt de bus, etc.).
La peine encourue est de 30 ans de réclusion criminelle si le viol a entraßné la mort de la victime.
Si lâauteur du viol est mineur, il peut bĂ©nĂ©ficier de lâexcuse de minoritĂ©. Ainsi, sa peine peut ĂȘtre rĂ©duite de moitiĂ© par rapport aux majeurs.
Peines complémentaires
Le juge peut également condamner l'auteur des faits à une ou plusieurs des peines complémentaires, notamment :
- Suivi socio-judiciaire (accompagnĂ©e ou non dâune injonction de soins)
- Interdiction de séjour dans certains lieux (par exemple, le domicile de la victime) pour 10 ans maximum
- Interdiction d'exercer une fonction publique ou lâactivitĂ© professionnelle au cours de laquelle lâinfraction a Ă©tĂ© commise.
L'auteur d'un viol, dĂ©clarĂ© irresponsable pĂ©nalement en raison d'un trouble temporaire provoquĂ© par une consommation excessive de drogues, peut ĂȘtre condamnĂ© pour cette consommation.
Les peines diffÚrent en fonction des circonstances dans lesquelles le viol a eu lieu :
La peine applicable est de 7 ans d'emprisonnement et de 100 000 ⏠d'amende.
Lâauteur dâun viol accompagnĂ© dâacte de torture ou ayant entraĂźnĂ© la mort encourt une peine de 10 ans d'emprisonnement et de 150 000 ⏠d'amende.
Pour obtenir une indemnisation, la victime peut se constituer partie civile. La constitution de partie civile peut avoir lieu dĂšs le dĂ©pĂŽt de plainte, jusquâau jour du procĂšs.
Elle peut Ă©galement faire une demande dâindemnisation au fonds de garantie des victimes (FGTI) par le biais de la Commission d'indemnisation des victimes d'infractions (Civi).
Si la victime ne souhaite pas ĂȘtre partie au procĂšs pĂ©nal, elle a la possibilitĂ© de saisir les juridictions civiles dâune demande de dommages et intĂ©rĂȘts.
Textes de référence
- Code pĂ©nal : article 222-22 â IntĂ©gration du consentement dans la dĂ©finition des violences sexuelles
- Code pĂ©nal : articles 222-23 Ă 222-26-2 â DĂ©finition du viol et peines principales encourues
- Code pĂ©nal : articles 222-44 Ă 222-48-5 â Peines complĂ©mentaires en cas de viol
- Code de procĂ©dure pĂ©nale : article 306 â PublicitĂ© des dĂ©bats et demande de huis clos
- DĂ©cret n° 2025-1208 du 11 dĂ©cembre 2025 â Remboursement (pour une durĂ©e de 3 ans) des prĂ©lĂšvements effectuĂ©s en cas de suspicion dâune soumission Ă une substance chimique
Voir aussi
- Agression sexuelle commise sur une personne majeure
- Mineur victime d'infraction sexuelle
- HarcĂšlement sexuel ou sexiste
- Violences conjugales
- Outrage sexiste ou sexuel
- Castration chimique des auteurs dâinfractions sexuelles
- Victime d'infraction : indemnisation par le Fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme et dâautres infractions (FGTI)
- ProcĂšs devant la cour d'assises ou la cour criminelle