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Cession d’actions d’une sociĂ©tĂ© anonyme (SA)

VĂ©rifiĂ© le 22/07/2026 — Direction de l'information lĂ©gale et administrative

La cession d’actions en SA correspond Ă  la vente des actions dĂ©tenues par un actionnaire (le cĂ©dant) Ă  un acquĂ©reur (le cessionnaire). Elle peut intervenir pour permettre Ă  un associĂ© de quitter la sociĂ©tĂ©, transmettre son activitĂ© ou rĂ©organiser la rĂ©partition du capital. Elle permet Ă©galement l’entrĂ©e d’un nouvel associĂ© dans la sociĂ©tĂ©.

Pour ĂȘtre valable, la cession d’actions doit respecter un certain nombre d’étapes.

AprÚs avoir préparé la transmission de l'entreprise et identifié les conditions de la cession, l'associé vendeur (le cédant) doit vérifier s'il est tenu d'informer les salariés du projet.

L'information des salariés se déroule en trois étapes : vérifier que l'obligation d'information s'applique, informer les salariés du projet de cession et recueillir les éventuelles offres d'achat.

Avant de procĂ©der Ă  une cession d’actions dans une sociĂ©tĂ© anonyme (SA), l’associĂ© vendeur doit vĂ©rifier si l'obligation d'information prĂ©alable des salariĂ©s lui est applicable.

Cette obligation d’information concerne les cessions portant sur plus de 50 % du capital de la sociĂ©tĂ©.

À compter du 27 juillet 2026, les salariĂ©s doivent ĂȘtre informĂ©s directement du projet de cession uniquement dans les SA suivantes :

  • Les SA de moins de 50 salariĂ©s
  • Les SA de 50 salariĂ©s ou plus mais non dotĂ©es d’un comitĂ© social et Ă©conomique (CSE)
💡 À noter

Dans les SA d’au moins 50 salariĂ©s et dotĂ©es d’un CSE, la cession ne doit plus ĂȘtre obligatoirement notifiĂ©e aux salariĂ©s : seul le CSE doit ĂȘtre informĂ© et consultĂ© au sujet du projet de cession.

L’employeur fournit au CSE les informations nĂ©cessaires pour qu’il puisse rendre un avis motivĂ©. À dĂ©faut d’accord collectif, le CSE dispose d’un dĂ©lai d’un mois pour rendre son avis.

Pour plus d'informations sur les modalitĂ©s d’information et de consultation du CSE, se reporter Ă  la fiche ComitĂ© social et Ă©conomique (CSE).

L’obligation d’information des salariĂ©s ne s’applique pas lorsque :

  • la cession intervient au profit de l’époux, d’un ascendant ou d’un descendant de l’associĂ© vendeur
  • la sociĂ©tĂ© fait l’objet d’une procĂ©dure de conciliation, de sauvegarde, de sauvegarde accĂ©lĂ©rĂ©e, de redressement ou de liquidation judiciaire
  • la cession a dĂ©jĂ  fait l’objet d’une information des salariĂ©s au titre de l’économie sociale et solidaire (ESS) dans les 12 mois prĂ©cĂ©dant la vente

L'information adressée aux salariés doit préciser :

  • la volontĂ© de l'associĂ© de cĂ©der plus de 50 % du capital de la sociĂ©tĂ©
  • la possibilitĂ© pour un ou plusieurs salariĂ©s de prĂ©senter une offre d'achat pour l’acquisition des actions de la sociĂ©tĂ©

À compter du 27 juillet 2026, l’information doit ĂȘtre dĂ©livrĂ©e au plus tard 1 mois avant la signature de la cession, contre 2 mois pour les cessions conclues avant cette date.

Les modalités d'information des salariés varient selon que le cédant est ou non le gérant de la société :

  • Lorsque le cĂ©dant n'est pas le dirigeant de la sociĂ©tĂ©, il informe ce dernier de son projet de cession. Le dirigeant de la sociĂ©tĂ© informe alors ensuite les salariĂ©s sans dĂ©lai.
  • Lorsque le cĂ©dant est Ă©galement le dirigeant de la sociĂ©tĂ©, il informe directement les salariĂ©s.

L'information peut ĂȘtre transmise par tout moyen permettant de donner une date certaine Ă  sa rĂ©ception, notamment :

  • lors d'une rĂ©union d'information : avec signature d'un registre de prĂ©sence
  • par affichage : avec signature d'un registre datĂ©
  • par courrier Ă©lectronique : en utilisant un procĂ©dĂ© permettant d'attester de maniĂšre certaine la date de rĂ©ception
  • par remise en main propre : avec Ă©margement ou rĂ©cĂ©pissĂ©
  • par lettre recommandĂ©e avec demande d'avis de rĂ©ception
  • par acte d'un commissaire de justice (anciennement acte d'huissier) ou avocat, etc.

Les salariés peuvent présenter une offre d'achat pour acquérir les actions cédées.

L'associĂ© reste libre d'accepter ou de refuser une offre. Les offres des salariĂ©s ne sont pas prioritaires par rapport aux autres offres d'acquisition et le refus n'a pas Ă  ĂȘtre motivĂ©.

La cession peut ĂȘtre rĂ©alisĂ©e avant l'expiration du dĂ©lai d’information lorsque tous les salariĂ©s ont indiquĂ© ne pas souhaiter prĂ©senter d'offre.

La vente doit intervenir dans un délai maximal de 2 ans suivant l'expiration du délai d'information. Au-delà, une nouvelle information des salariés est nécessaire.

💡 À noter

Les salariés informés sont tenus à une obligation de discrétion. Son non-respect peut entraßner une sanction disciplinaire pouvant aller jusqu'au licenciement du salarié.

En cas de manquement à l'obligation d'information, les salariés peuvent demander réparation de leur préjudice.

À compter du 27 juillet 2026, le juge peut accorder des dommages et intĂ©rĂȘts pouvant atteindre 0,5 % du montant de la vente, contre 2 % avant cette date.

Le prix des actions se détermine en trois étapes : leur évaluation, la fixation du prix entre les parties et, en cas de désaccord, le recours à un expert.

Avant de fixer le prix de cession, il est nécessaire d'évaluer la valeur des actions de la SA. Cette évaluation permet de déterminer un prix cohérent avec la situation économique et financiÚre de la société.

Plusieurs mĂ©thodes peuvent ĂȘtre utilisĂ©es pour valoriser l’entreprise :

  • MĂ©thode patrimoniale : elle consiste Ă  Ă©valuer l'actif net comptable de l'entreprise.
  • MĂ©thode comparative : elle consiste Ă  comparer la sociĂ©tĂ© Ă  d’autres sociĂ©tĂ©s similaires.
  • MĂ©thode de la rentabilité : elle consiste Ă  estimer la capacitĂ© future de la sociĂ©tĂ© Ă  dĂ©gager des bĂ©nĂ©fices.

Il est important de combiner ces 3 diffĂ©rentes approches afin d’obtenir une estimation au plus proche de la rĂ©alitĂ© Ă©conomique.

💡 À noter

La valeur des actions ne correspond pas nĂ©cessairement Ă  leur valeur nominale. Elle dĂ©pend de la valeur rĂ©elle de la sociĂ©tĂ© au moment de la cession. Par exemple, une action d’une valeur nominale de 100 € peut avoir une valeur rĂ©elle supĂ©rieure ou infĂ©rieure selon la situation de la sociĂ©tĂ©.

Pour davantage d'informations sur les méthodes de valorisation, se reporter à la fiche relative à la valorisation de l'entreprise avant sa transmission.

Le cĂ©dant et le cessionnaire dĂ©terminent librement le prix des actions. Le prix doit ĂȘtre dĂ©terminĂ© ou dĂ©terminable au moment de la cession. Le montant exact n'a pas forcĂ©ment besoin d'ĂȘtre fixĂ© immĂ©diatement.

Le vendeur et l’acquĂ©reur peuvent ainsi :

  • fixer un prix dĂ©finitif dĂšs la signature de l’acte de cession
  • prĂ©voir une mĂ©thode de calcul permettant de dĂ©terminer le prix ultĂ©rieurement
  • convenir d’un complĂ©ment de prix dĂ©pendant d’élĂ©ments futurs (clause de garantie de chiffre d’affaires ou de rĂ©sultats).

Le prix peut ĂȘtre diffĂ©rent de la valeur estimĂ©e des actions dĂšs lors que les parties y consentent librement.

⚠ Attention

Un prix manifestement fictif ou dérisoire peut entraßner la nullité de la cession ou une requalification en donation déguisée par l'administration fiscale.

Il en est de mĂȘme lorsque la cession intervient entre personnes liĂ©es (associĂ©s, membres d'une mĂȘme famille, sociĂ©tĂ© contrĂŽlĂ©e par l'une des parties, etc.), l'administration fiscale peut vĂ©rifier que le prix retenu correspond Ă  la valeur rĂ©elle des actions.

Le prix et les modalitĂ©s de paiement devront ensuite ĂȘtre mentionnĂ©s dans l'acte de cession. Les parties peuvent notamment prĂ©voir :

  • un paiement comptant
  • un paiement Ă©chelonnĂ©
  • des garanties de paiement au profit du cĂ©dant.

Le cĂ©dant et le cessionnaire doivent se mettre d’accord sur le prix des actions. Ce prix doit ĂȘtre dĂ©terminĂ© ou dĂ©terminable au moment de la cession.

ConcrĂštement, le montant exact n'a pas forcĂ©ment besoin d'ĂȘtre fixĂ© immĂ©diatement. L'acte de cession peut prĂ©voir les critĂšres ou la mĂ©thode de calcul qui permettront de le dĂ©terminer ultĂ©rieurement (par exemple Ă  partir des comptes de la sociĂ©tĂ© ou d'une formule convenue entre les parties).

Le prix doit ĂȘtre dĂ©terminĂ© ou dĂ©terminable pour l'ensemble des actions cĂ©dĂ©es, et non seulement pour une partie d'entre elles. À dĂ©faut, la cession risque d'ĂȘtre remise en cause.

Lorsque les parties ne parviennent pas Ă  s'accorder sur la valeur des actions, elles peuvent faire appel Ă  un expert spĂ©cialisĂ© dans l’évaluation d’actions, tel qu’un expert-comptable, un avocat ou encore un commissaire aux comptes.

Le cĂ©dant et le cessionnaire peuvent ensemble dĂ©signer un expert chargĂ© de l’évaluation. A dĂ©faut d’accord, l’expert est dĂ©signĂ© par le prĂ©sident du tribunal compĂ©tent.

Dans ce cadre, l’expert dĂ©termine la valeur des actions en toute indĂ©pendance. Il peut retenir les mĂ©thodes d’évaluation qu’il estime les plus adaptĂ©es Ă  la situation de la sociĂ©tĂ©, en tenant compte notamment de sa situation financiĂšre, de sa rentabilitĂ© et de ses perspectives d’activitĂ©.

La valeur qu’il fixe s’impose en principe aux parties.

💡 À noter

Pour aller plus loin sur les professionnels susceptibles d’accompagner une entreprise dans ces dĂ©marches, se reporter Ă  la fiche relative aux professionnels intervenant dans la gestion d’une entreprise.

Pour en savoir plus, la DGFIP met Ă  disposition un guide sur l’évaluation des entreprises et des titres de sociĂ©tĂ©s :

Dans une SA non cotée, les actions sont en principe librement cessibles. Toutefois, les statuts peuvent subordonner la cession à l'accord préalable des associés ou prévoir d'autres clauses encadrant la cession.

Dans une SA cotĂ©e (dont les actions sont admises aux nĂ©gociations sur un marchĂ© rĂ©glementĂ©), les statuts ne peuvent pas prĂ©voir une telle clause d’agrĂ©ment.

Les statuts d’une SA peuvent comporter une clause d’agrĂ©ment.

La clause d’agrĂ©ment permet de contrĂŽler l’entrĂ©e d’un nouvel actionnaire dans la sociĂ©tĂ© en soumettant la cession des actions Ă  l’accord prĂ©alable de la sociĂ©tĂ©.

Lorsqu'une clause d'agrément est prévue dans les statuts, la demande d'agrément est notifiée à la société ou au président.

La violation de la clause d'agrément entraßne la nullité de la cession.

💡 À noter

La clause d’agrĂ©ment peut s’appliquer aux cessions rĂ©alisĂ©es au profit d’un tiers, d’un autre actionnaire ou d’un membre de la famille (conjoint, ascendant ou descendant),

Lorsqu'une clause d'agrĂ©ment est prĂ©vue par les statuts, le projet de cession doit ĂȘtre notifiĂ© Ă  la sociĂ©tĂ©.

La notification indique les nom, prĂ©noms et adresse de l'acquĂ©reur, le nombre d’actions concernĂ©es par la cession et le prix offert.

L'organe compĂ©tent dĂ©signĂ© par les statuts se prononce ensuite sur la demande d'agrĂ©ment selon les modalitĂ©s prĂ©vues par les statuts, notamment en ce qui concerne les rĂšgles de majoritĂ© et le dĂ©lai dans lequel la dĂ©cision doit ĂȘtre rendue.

À l'issue de la procĂ©dure, deux situations peuvent se prĂ©senter : l'agrĂ©ment est accordĂ© ou est refusĂ©.

Lorsque l'agrément est accordé, le cédant peut réaliser la cession dans les conditions prévues.

La dĂ©cision d'agrĂ©ment doit ĂȘtre conservĂ©e afin de pouvoir justifier du respect de la procĂ©dure. En pratique, elle est gĂ©nĂ©ralement constatĂ©e dans un procĂšs-verbal d'assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale ou dans tout autre document prĂ©vu par les statuts.

Lorsque l'agrément est refusé, les conséquences sont celles prévues par les statuts.

Ceux-ci peuvent notamment prĂ©voir que les actions seront acquises par un ou plusieurs associĂ©s, par un tiers dĂ©signĂ© ou, avec l'accord du cĂ©dant, par la sociĂ©tĂ© elle-mĂȘme dans les conditions prĂ©vues par la loi.

Le prix de rachat est fixé d'un commun accord entre les parties. En cas de désaccord, la valeur des actions est déterminée par un expert désigné selon les modalités prévues par la réglementation applicable.

Les statuts peuvent prévoir d'autres clauses encadrant la cession des actions. Avant de réaliser la cession, il est donc nécessaire de vérifier si les statuts contiennent l'une des clauses suivantes.

1) Clause de préemption

La clause de préemption (ou « clause de préférence ») accorde à un ou plusieurs associés un droit de priorité pour acquérir les actions faisant l'objet de la cession.

Dans une SA, une telle clause est gĂ©nĂ©ralement prĂ©vue dans un pacte d'actionnaires. Les actions doivent alors ĂȘtre proposĂ©es en prioritĂ© au bĂ©nĂ©ficiaire de la clause, selon les modalitĂ©s prĂ©vues par le pacte, avant de pouvoir ĂȘtre cĂ©dĂ©es Ă  un autre acquĂ©reur.

La violation d'une clause de prĂ©emption n'entraĂźne, en principe, pas la nullitĂ© de la cession. En revanche, elle peut engager la responsabilitĂ© du cĂ©dant et donner lieu au versement de dommages et intĂ©rĂȘts.

2) Clause d’inaliĂ©nabilitĂ©

La clause d'inaliénabilité interdit la cession des actions pendant une durée déterminée, qui ne peut pas excéder 10 ans.

Les statuts prĂ©cisent notamment le point de dĂ©part et la durĂ©e de cette interdiction. À son expiration, les actions peuvent ĂȘtre cĂ©dĂ©es, sous rĂ©serve du respect des autres clauses statutaires Ă©ventuellement applicables.

💡 À noter

Cette clause ne peut ĂȘtre adoptĂ©e ou modifiĂ©e qu'Ă  l'unanimitĂ© des associĂ©s.

Il peut ĂȘtre prĂ©vu que l'inaliĂ©nabilitĂ© impacte seulement les actions de certains associĂ©s nommĂ©ment dĂ©signĂ©s dans les statuts (ex : les associĂ©s considĂ©rĂ©s comme essentiels Ă  la pĂ©rennitĂ© de la sociĂ©tĂ©). Il est Ă©galement possible de limiter l’inaliĂ©nabilitĂ© Ă  une certaine proportion de droits sociaux de chaque associĂ©, de sorte que la part excĂ©dant cette proportion reste cessible.

La cession d'actions doit ĂȘtre formalisĂ©e par un document signĂ© par les parties. Selon les modalitĂ©s retenues, ce document peut prendre diffĂ©rentes formes.

Le document utilisé pour constater la cession dépend des modalités retenues par les parties. Le cédant et le cessionnaire peuvent formaliser leur accord dans un acte de cession ou au moyen d'une déclaration de cession de droits sociaux (la cession n'est donc pas constatée par un acte).

Les parties peuvent établir un acte de cession afin de formaliser leur accord et de préciser les conditions de la vente.

L'acte de cession permet notamment de conserver une preuve de l'accord conclu entre le cédant et le cessionnaire.

Il doit comporter les mentions obligatoires suivantes :

  • Nom des parties
  • IdentitĂ© de la sociĂ©tĂ© (dĂ©nomination sociale, capital social, adresse du siĂšge social, etc.)
  • Nombre et dĂ©signation des actions cĂ©dĂ©es (si elles sont numĂ©rotĂ©es)
  • Prix de vente de la cession et modalitĂ©s de paiement
  • DĂ©tail de l'agrĂ©ment des associĂ©s, le cas Ă©chĂ©ant

L'acte est Ă©tabli en autant d'exemplaires que nĂ©cessaire afin que chaque partie puisse en conserver un. Chacun des exemplaires doit ĂȘtre signĂ© par les parties.

Lorsque les parties n'Ă©tablissent pas d'acte de cession, la cession peut ĂȘtre dĂ©clarĂ©e au moyen d'une dĂ©claration de cession de droits sociaux, appelĂ©e formulaire n°2759 :

Pour en savoir plus sur la déclaration de cession de droits sociaux en ligne, la DGFiP met à disposition une FAQ :

Cette déclaration permet de formaliser la cession auprÚs de l'administration fiscale puis d'acquitter les droits d'enregistrement dus.

💡 À noter

La rĂ©daction d’un acte de cession n’est pas obligatoire pour constater une cession d’actions de SA. Elle reste toutefois recommandĂ©e pour sĂ©curiser les conditions de la cession.

La signature du document de cession matĂ©rialise l’accord des parties et rend la vente opposable entre le vendeur et l’acheteur.

La signature peut ĂȘtre manuscrite ou Ă©lectronique. Dans tous les cas, elle permet d’authentifier l’accord des parties.

Pour ĂȘtre valable, la signature Ă©lectronique doit :

  • Être rattachĂ©e de façon unique Ă  son signataire.
  • Avoir Ă©tĂ© créée Ă  l’aide de donnĂ©es de crĂ©ation de signature Ă©lectronique que le signataire peut, avec un niveau de confiance Ă©levĂ©, utiliser sous son contrĂŽle exclusif.
  • Être liĂ©e aux donnĂ©es associĂ©es Ă  cette signature de telle sorte que toute modification ultĂ©rieure des donnĂ©es soit dĂ©tectable.

Pour en savoir plus sur la signature électronique :

⚠ Attention

La signature scannĂ©e et apposĂ©e sur un document ne permet pas d'en identifier l'auteur avec certitude. Cette signature est valable mais peut ĂȘtre contestĂ©e devant les juges par l'une des parties au contrat qui souhaiterait, par exemple, faire annuler la cession.

Lorsque les parties choisissent d’établir un acte de cession, elles peuvent y insĂ©rer certaines clauses destinĂ©es Ă  sĂ©curiser l'opĂ©ration et Ă  rĂ©partir les risques entre le cĂ©dant et le cessionnaire.

C’est le cas de la clause de garantie d’actif et de passif, qui peut ĂȘtre insĂ©rĂ©e dans l’acte de cession.

Elle permet d’encadrer les risques liĂ©s Ă  la situation financiĂšre de la sociĂ©tĂ© aprĂšs la cession, et donc de couvrir Ă  la fois le cĂ©dant et le cessionnaire.

Son objectif est double :

  • La garantie de passif couvre les dettes et risques antĂ©rieurs Ă  la cession (un redressement fiscal sur un exercice prĂ©cĂ©dent la vente, par exemple) : l’objectif est ici de protĂ©ger le cessionnaire contre les dettes cachĂ©es.
  • La garantie d’actif couvre la valeur des Ă©lĂ©ments d’actif de la sociĂ©tĂ© (une crĂ©ance inscrite dans les comptes de la sociĂ©tĂ© mais finalement irrĂ©couvrable) : l’objectif est de protĂ©ger le cessionnaire contre une surĂ©valuation de la sociĂ©tĂ©.

La garantie d’actif et de passif peut ĂȘtre prĂ©vue de maniĂšre partielle ou complĂšte : il est possible de prĂ©voir uniquement une garantie de passif, uniquement une garantie d’actif, ou les deux. Lorsque les deux garanties sont prĂ©vues, le cessionnaire est protĂ©gĂ© sur l’ensemble de la situation financiĂšre antĂ©rieure de la sociĂ©tĂ©.

Pour le cĂ©dant, la mise en place d’une telle garantie peut faciliter la vente des actions, en renforçant la confiance du repreneur et en sĂ©curisant l’accord trouvĂ© entre les parties, notamment sur le prix de cession.

En contrepartie, elle peut engager sa responsabilité aprÚs la vente si des dettes ou des anomalies antérieures apparaissent.

La clause de garantie d’actif et de passif est librement dĂ©finie par les parties dans l’acte de cession ou dans un acte distinct.

Aucune mention obligatoire n’est imposĂ©e, mais Ă  titre indicatif, elle peut contenir les Ă©lĂ©ments suivants :

  • CatĂ©gories de dettes qui entrent dans le champ de la garantie. En l'absence de prĂ©cision, la garantie couvre l'ensemble des dettes liĂ©es Ă  l'activitĂ© de la sociĂ©tĂ©.
  • Date de dĂ©part de la garantie : la date qui permet d'apprĂ©cier l'origine antĂ©rieure ou postĂ©rieure de la dette.
  • DurĂ©e de la clause de garantie: entre 3 et 5 ans, par exemple.
  • Calcul de l'indemnisation Ă©ventuellement due: qui peut inclure un pourcentage de prise en charge variable ou dĂ©gressif.
  • Montant plancher de la garantie : le montant Ă  partir duquel la garantie peut ĂȘtre activĂ©e.
  • Montant plafond de l'indemnisation : le montant maximum Ă  hauteur duquel le cĂ©dant s’engage. Il n’y a pas d’obligation de payer au-delĂ .
  • ModalitĂ©s de mise en Ɠuvre : des informations supplĂ©mentaires nĂ©cessaires pour appliquer la garantie (justification du passif, modalitĂ©s d'envoi de la demande d'indemnisation, etc.).

Il existe Ă©galement d’autres types de garanties pouvant ĂȘtre prĂ©vues dans l’acte de cession, en fonction de la nĂ©gociation entre les parties et de la nature de l’opĂ©ration :

  • Clause de garantie de valeur nette des titres : fixe une valeur minimale de la sociĂ©tĂ© Ă  la date de la cession.
  • Clause de garantie de chiffre d’affaires ou de rĂ©sultats (earn-out ou complĂ©ment de prix) : le prix de cession dĂ©pend en partie des performances futures de la sociĂ©tĂ©.
  • Clause de garantie de non-concurrence : le cĂ©dant s’engage Ă  ne pas exercer une activitĂ© concurrente pendant une durĂ©e et dans une zone dĂ©terminĂ©es.

La cession d’actions d’une SA devient opposable Ă  la sociĂ©tĂ© par son inscription dans le registre des mouvements de titres et la mise Ă  jour des comptes individuels des associĂ©s.

La société doit constater la réalisation de la cession dans son registre des mouvements de titres.

Cette inscription permet de matĂ©rialiser le transfert de propriĂ©tĂ© des actions entre le cĂ©dant et le cessionnaire et permet Ă  la sociĂ©tĂ© d’identifier son nouvel associĂ©.

Le registre doit notamment mentionner :

  • la date de la cession
  • l’identitĂ© du cĂ©dant et du cessionnaire
  • le nombre d’actions transfĂ©rĂ©es
  • la nature de l’opĂ©ration (cession)
  • les rĂ©fĂ©rences des actions concernĂ©es

À la suite de l’inscription du mouvement de titres, la sociĂ©tĂ© procĂšde Ă  la mise Ă  jour des comptes individuels d’actionnaires :

  • les actions cĂ©dĂ©es sont retirĂ©es du compte du cĂ©dant
  • elles sont inscrites sur le compte du cessionnaire

Le cessionnaire est alors reconnu par la société comme titulaire des actions acquises.

💡 À noter

La cession devient opposable à la société à compter de l'inscription du transfert dans les comptes d'actionnaires, constatée dans les registres de la société.

Une fois la cession rĂ©alisĂ©e, les parties doivent procĂ©der Ă  son enregistrement auprĂšs du service service de la publicitĂ© fonciĂšre et de l’enregistrement (SPFE) compĂ©tent, et acquitter les droits d’enregistrement.

La cession d'actions de SA doit ĂȘtre enregistrĂ©e auprĂšs du service de la publicitĂ© fonciĂšre et de l’enregistrement (SPFE) du lieu domicile du cessionnaire ou du cĂ©dant :

En principe, les droits d’enregistrement sontĂ  la charge du cessionnaire, c’est-Ă -dire l’acquĂ©reur des actions. Toutefois, les parties peuvent convenir d’une autre rĂ©partition de cette charge, notamment en prĂ©voyant que les droits seront supportĂ©s par le cĂ©dant ou rĂ©partis entre elles.

Les documents à transmettre diffÚrent selon que la cession est ou non constatée par un acte de cession :

Lorsque les parties ont signĂ© un acte de cession constatant la vente des actions, cet acte doit ĂȘtre prĂ©sentĂ© Ă  l'enregistrement dans le dĂ©lai d'un mois suivant sa signature.

L'acte est déposé auprÚs du service chargé de l'enregistrement compétent. Il permet de justifier de l'existence de la cession et des conditions convenues entre les parties (identité du cédant et du cessionnaire, nombre d'actions cédées, prix de cession, etc.).

Les parties ne sont pas tenues d'Ă©tablir un acte de cession pour cĂ©der des actions de SA. Lorsque la cession n'est pas constatĂ©e par un acte Ă©crit, elle doit nĂ©anmoins ĂȘtre dĂ©clarĂ©e Ă  l'administration fiscale dans le mois de la cession.

Si la cession n’est pas constatĂ©e par un acte Ă©crit (accord oral entre associĂ©s, accord informel non immĂ©diatement rĂ©digĂ©, etc.), la dĂ©claration doit ĂȘtre effectuĂ©e soit au moyen du service en ligne disponible sur impots.gouv.fr dans votre espace personnel (rubrique DĂ©marches > Cessions de droit sociaux) :

La cession peut Ă©galement ĂȘtre effectuĂ©e au moyen du formulaire n°2759, Ă  dĂ©poser en double exemplaire au service de l’enregistrement dont dĂ©pend l’une des parties :

Cette déclaration permet à l'administration fiscale de constater la cession en l'absence d'acte.

Les droits d’enregistrement sont calculĂ©s en appliquant un pourcentage au prix de cession. Ce pourcentage varie selon la nature de la sociĂ©tĂ© dont les actions sont cĂ©dĂ©es.

Pour les cessions d’actions de SA, le droit d’enregistrement est fixĂ© Ă  0,1 %, calculĂ© sur le prix de cession.

Une SA compte 1 000 actions. Un associĂ© cĂšde 500 actions pour un prix de 100 000 €.

Les droits d’enregistrement sont calculĂ©s sur le prix de cession, soit 100 000 €.

Le montant des droits d’enregistrement est donc de :

100 000 € x 0,1 % = 100 €.

Le cessionnaire devra donc acquitter 100 € de droits d’enregistrement.

⚠ Attention

Le taux est portĂ© Ă  5 % lorsque la cession porte sur des actions d’une sociĂ©tĂ© Ă  prĂ©pondĂ©rance immobiliĂšre.

Le montant des droits d’enregistrement ne peut pas ĂȘtre infĂ©rieur Ă  25 €.

Une SA compte 1 000 actions. Un associĂ© cĂšde 500 actions pour un prix de 100 €.

Les droits d’enregistrement sont calculĂ©s sur le prix de cession, soit 100 €.

Le montant des droits d’enregistrement est donc de :

100 € x 0,1 % = 10 €. Ce montant Ă©tant infĂ©rieur Ă  25 €, le cessionnaire devra payer le minimum lĂ©gal de 25 €.

💡 À noter

La cession bĂ©nĂ©ficie d'un abattement de 500 000 € sur la valeur des actions lorsqu'elle est rĂ©alisĂ©e auprĂšs de l'une des personnes suivantes :

  • Soit un salariĂ© de l'entreprise cĂ©dĂ©e. Il doit ĂȘtre employĂ© en CDI Ă  temps plein depuis au moins de 2 ans ou avoir un contrat d'apprentissage en cours au moment de la cession.
  • Soit un membre de la famille du cĂ©dant (son Ă©poux ou partenaire de Pacs, ses ascendants ou descendants en ligne directe ou ses frĂšres et sƓurs).

Cet abattement est appliqué lorsque toutes les conditions suivantes sont respectées :

  • L'entreprise exerce une activitĂ© commerciale, industrielle, artisanale, agricole ou libĂ©rale, Ă  l'exception de la gestion de son propre patrimoine mobilier ou immobilier.
  • Le cĂ©dant doit avoir dĂ©tenu les titres pendant plus de 2 ans (si le cĂ©dant a lui-mĂȘme acquis les actions Ă  titre gratuit, aucun dĂ©lai de dĂ©tention n'est requis).
  • Le repreneur doit poursuivre l'activitĂ© de la sociĂ©tĂ© dont les actions ont Ă©tĂ© cĂ©dĂ©es Ă  titre d'activitĂ© professionnelle unique et de maniĂšre effective et continue, pendant les 5 annĂ©es qui suivent la date de la vente.
  • Le repreneur doit assurer la direction effective de l'entreprise pendant ces 5 annĂ©es.

La cession d'actions d'une SA n'entraßne pas systématiquement une modification des statuts.

Les statuts doivent ĂȘtre modifiĂ©s lorsque :

  • L'article relatif Ă  la rĂ©partition du capital social mentionne l'identitĂ© des associĂ©s et/ou le nombre d'actions dĂ©tenues par chacun : la clause devient alors inexacte Ă  la suite de la cession et doit ĂȘtre mise Ă  jour.
  • Une autre dĂ©cision entraĂźnant une modification des statuts est prise Ă  l'occasion de la cession (par exemple un changement de dĂ©nomination sociale, de siĂšge social ou d'objet social).

Les statuts n'ont pas Ă  ĂȘtre modifiĂ©s lorsque :

  • L'article relatif Ă  la rĂ©partition du capital social ne mentionne pas l'identitĂ© des associĂ©s ni le nombre d'actions dĂ©tenues par chacun : la cession n'a alors aucune incidence sur les statuts.
  • La seule mention du nom des associĂ©s figure dans d'autres parties des statuts, telles que le prĂ©ambule ou les signatures des statuts constitutifs. Ces mentions n'ont pas Ă  ĂȘtre actualisĂ©es du seul fait de la cession.

Si les statuts de la SA doivent ĂȘtre modifiĂ©s suite Ă  la cession, il convient de respecter les 3 Ă©tapes suivantes :

Afin de procĂ©der Ă  la modification des statuts, la dĂ©cision doit ĂȘtre prise par les associĂ©s rĂ©unis en assemblĂ©e.

L’assemblĂ©e doit d’abord ĂȘtre convoquĂ©e par le prĂ©sident de la sociĂ©tĂ©.

Une fois l’assemblĂ©e rĂ©guliĂšrement rĂ©unie, la dĂ©cision de modification des statuts doit ĂȘtre adoptĂ©e selon les rĂšgles de majoritĂ© prĂ©vues par la loi ou par les statuts.

Dans une sociĂ©tĂ© anonyme (SA), la dĂ©cision de modifier les statuts doit ĂȘtre votĂ©e et approuvĂ©e par les actionnaires rĂ©unis en assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale extraordinaire (AGE).

  • Lors de la premiĂšre convocation, il faut 1/4 des droits de vote (1 droit de vote = 1 action) prĂ©sents ou reprĂ©sentĂ©s et une majoritĂ© des 2/3 des voix des actionnaires prĂ©sents ou reprĂ©sentĂ©s.
  • Si la 1re convocation est infructueuse, il y a une seconde convocation : il faut 1/5 des droits de vote (1 droit de vote = 1 action) prĂ©sents ou reprĂ©sentĂ©s et une majoritĂ© des 2/3 des voix des actionnaires prĂ©sents ou reprĂ©sentĂ©s.

Dans une sociĂ©tĂ© de 10 actionnaires, 3 sont prĂ©sents ou reprĂ©sentĂ©s en premiĂšre convocation, soit 30 % des droits de vote. Le quorum de 1/4 Ă©tant atteint, l’assemblĂ©e peut valablement dĂ©libĂ©rer. La rĂ©solution est adoptĂ©e si elle recueille au moins 2/3 des voix des actionnaires prĂ©sents.

Si la premiĂšre convocation Ă©choue, une seconde peut ĂȘtre organisĂ©e avec un quorum rĂ©duit Ă  1/5 des droits de vote, la majoritĂ© restant fixĂ©e aux 2/3 des voix exprimĂ©es.

💡 À noter

Pour en savoir plus, consultez notre fiche sur la prise de décisions dans une SA.

La dĂ©cision de modification des statuts d’une SA doit ĂȘtre constatĂ©e dans un procĂšs-verbal d’assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale. Ce procĂšs-verbal est ensuite conservĂ© dans le registre des procĂšs-verbaux de la sociĂ©tĂ©.

Le contenu et les modalités d'établissement du procÚs-verbal sont déterminés par les statuts de la SA. Toutefois, celui-ci doit généralement comporter les informations suivantes :

  • Date et lieu de rĂ©union
  • ModalitĂ©s de convocation
  • Ordre du jour
  • IdentitĂ© du prĂ©sident de sĂ©ance
  • Liste des associĂ©s prĂ©sents ou reprĂ©sentĂ©s avec l’indication du nombre d’actions dĂ©tenues par chacun
  • Documents et rapports soumis Ă  l’assemblĂ©e
  • RĂ©sumĂ© des dĂ©bats
  • Texte des rĂ©solutions mises aux voix (sujets sur lesquels les dĂ©cisions doivent ĂȘtre prises)
  • RĂ©sultat dĂ©taillĂ© des votes
  • Mention des articles des statuts concernĂ©s par la modification et indication de leur nouvelle rĂ©daction

Une fois la dĂ©cision de modification des statuts adoptĂ©e, les statuts doivent ĂȘtre mis Ă  jour pour tenir compte de la nouvelle rĂ©partition des actions entre les associĂ©s.

Il convient de modifier l'article des statuts relatif Ă  la rĂ©partition des actions afin d'y faire figurer l'identitĂ© des associĂ©s aprĂšs la cession ainsi que le nombre d’actions dĂ©tenues par chacun.

💡 À noter

La cession d’actions ne modifie pas le montant du capital social. Seule la rĂ©partition des actions entre les associĂ©s est mise Ă  jour.

Une fois les modifications effectuĂ©es, les statuts mis Ă  jour doivent ĂȘtre datĂ©s et certifiĂ©s conformes Ă  l'original par le reprĂ©sentant lĂ©gal de la sociĂ©tĂ©. Les statuts devront ensuite ĂȘtre transmis dans le cadre de la formalitĂ© dĂ©clarative auprĂšs du guichet des formalitĂ©s des entreprises.

À l’issue de la cession, la sociĂ©tĂ© doit accomplir les formalitĂ©s requises selon les modifications intervenues : publication d’un avis dans un support habilitĂ© Ă  recevoir des annonces lĂ©gales lorsque cela est nĂ©cessaire, dĂ©claration sur le guichet des formalitĂ©s des entreprises en cas de modification Ă  dĂ©clarer et mise Ă  jour des bĂ©nĂ©ficiaires effectifs lorsque la cession entraĂźne une modification de ces derniers.

La cession d’actions ne nĂ©cessite pas Ă  elle seule la publication d’une annonce lĂ©gale dans un support d’annonces lĂ©gales (Shal).

En revanche, une annonce légale est requise lorsque l'opération s'accompagne d'une modification des statuts soumise à publicité, telle qu'un changement de président, un changement d'objet social ou toute autre modification statutaire devant faire l'objet d'une mesure de publicité. L'avis est alors publié dans un Shal du département du siÚge social de la société.

La publication doit ĂȘtre rĂ©alisĂ©e dans un dĂ©lai d'un mois Ă  compter de la prise de dĂ©cision.

L'avis de publication doit contenir les éléments suivants :

  • Raison ou dĂ©nomination sociale
  • Forme juridique
  • Capital social
  • Objet social
  • Adresse du siĂšge social
  • Lieu et numĂ©ro d'immatriculation au RCS ou au RNE
  • DĂ©cision ou procĂšs-verbal de l'assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale datĂ© et signĂ©
  • Description des modifications statutaires soumises Ă  publicitĂ© intervenues (par exemple : changement de prĂ©sident, modification de l'objet social ou de la dĂ©nomination sociale). La cession d’actions, en elle-mĂȘme, n'a pas Ă  ĂȘtre mentionnĂ©e dans l'annonce lĂ©gale.

Une fois la publication effectuée, une attestation de parution de l'avis de modification est délivrée. Celle-ci fait partie des documents à transmettre au guichet des formalités des entreprises, dans le dossier de modification.

La cession de titres n'entraßne pas, à elle seule, le dépÎt d'un dossier de modification sur le guichet des formalités des entreprises, sauf si les statuts, notamment l'article relatif à la répartition des actions, mentionnent l'identité des associés et/ou le nombre d'actions détenues.

De mĂȘme, lorsqu'elle s'accompagne d'une modification devant ĂȘtre dĂ©clarĂ©e (par exemple une modification des statuts, un changement de dirigeant ou toute autre modification soumise Ă  dĂ©claration), un dossier de modification doit ĂȘtre dĂ©posĂ© sur le guichet des formalitĂ©s des entreprises dans un dĂ©lai d'un mois.

Depuis le 1er janvier 2023, les formalitĂ©s de crĂ©ation, de modification et de cessation d'activitĂ© doivent ĂȘtre rĂ©alisĂ©es en ligne sur le guichet des formalitĂ©s des entreprises. Ce « guichet unique » remplace les centres de formalitĂ©s des entreprises (CFE) qui sont supprimĂ©s. Il concerne toutes les entreprises, quelle que soit leur forme juridique ou leur activitĂ©.

Le dossier de modification comporte, selon la nature des modifications déclarées, les piÚces justificatives suivantes :

  • Exemplaire du procĂšs-verbal ayant dĂ©cidĂ© la modification des statuts
  • Exemplaire des statuts mis Ă  jour lorsqu’ils ont Ă©tĂ© modifiĂ©s (par exemple, si la rĂ©partition des actions figure dans les statuts) datĂ© et certifiĂ© conforme Ă  l’original par le reprĂ©sentant lĂ©gal
  • Attestation de parution de l’avis dans un support d’annonces lĂ©gales (Shal), si nĂ©cessaire
  • DĂ©claration de modification automatiquement gĂ©nĂ©rĂ©e sur le guichet des formalitĂ©s des entreprises
  • Toute autre piĂšce justificative exigĂ©e en fonction de la modification statutaire supplĂ©mentaire dĂ©clarĂ©e.
⚠ Attention

Dans une SA, les associĂ©s ne figurent pas sur l’extrait d’immatriculation (extrait RNE ou extrait Kbis). Par consĂ©quent, un changement d’associĂ©s n’entraĂźne pas, Ă  lui seul, la mise Ă  jour de l’extrait d’immatriculation.

Un nouvel extrait pourra toutefois ĂȘtre dĂ©livrĂ© si d’autres modifications sont dĂ©clarĂ©es simultanĂ©ment, telles qu’un changement de dirigeant ou la mise Ă  jour de l’adresse du prĂ©sident, par exemple.

La cession d’actions entraĂźne gĂ©nĂ©ralement une modification des bĂ©nĂ©ficiaires effectifs de la sociĂ©tĂ©. Dans ce cas, une dĂ©claration modificative des bĂ©nĂ©ficiaires effectifs doit ĂȘtre dĂ©posĂ©e sur le guichet des formalitĂ©s des entreprises.

Cette déclaration est obligatoire lorsqu'une personne physique acquiert ou perd le contrÎle de la société, ou lorsque son pourcentage de détention franchit le seuil de 25 % du capital ou des droits de vote.

C’est le cas si le pourcentage de dĂ©tention change :

Avant la cession, M. X dĂ©tient 20 % du capital et Mme Y 80 %. AprĂšs la cession d’actions, M. X dĂ©tient 30 % du capital et Mme Y 70 %.

La dĂ©claration des bĂ©nĂ©ficiaires effectifs doit ĂȘtre mise Ă  jour car le pourcentage de dĂ©tention de M. X a Ă©voluĂ© et il devient bĂ©nĂ©ficiaire effectif.

Une dĂ©claration des bĂ©nĂ©ficiaires effectifs peut Ă©galement ĂȘtre nĂ©cessaire lorsque les pourcentages de dĂ©tention restent identiques, mais que les personnes dĂ©tenant les actions changent :

Avant la cession, Mme Y dĂ©tient 70 % du capital et M. X 30 %. Mme Y cĂšde l’intĂ©gralitĂ© de ses actions Ă  M. Z, qui dĂ©tient dĂ©sormais 70 %, tandis que M. X conserve 30 %.

La dĂ©claration des bĂ©nĂ©ficiaires effectifs doit ĂȘtre mise Ă  jour afin de remplacer Mme Y par M. Z, sans modification des pourcentages de dĂ©tention.

AprÚs avoir réalisé les formalités liées à la cession, le cédant doit déclarer l'opération à l'administration fiscale. Selon le prix auquel les actions ont été achetées et revendues, la cession peut entraßner un gain ou une perte.

Pour savoir si la cession a généré un gain ou une perte pour le cédant, il faut comparer :

  • le prix de cession des actions
  • leur prix d’acquisition

3 situations peuvent se présenter :

  • si le prix de cession est supĂ©rieur au prix d’acquisition, le cĂ©dant rĂ©alise un gain (appelĂ© plus-value)
  • si le prix de cession est infĂ©rieur au prix d’acquisition, le cĂ©dant rĂ©alise une perte appelĂ©e (moins-value)
  • si les deux montants sont identiques, aucune plus-value ni moins-value n’est constatĂ©e

Un associĂ© a achetĂ© des actions pour 40 000 €. Il les revend 60 000 €. Il rĂ©alise donc une plus-value de 20 000 €.

À l’inverse, si l’associĂ© a achetĂ© des actions pour 40 000 € et les revend 30 000 €, il rĂ©alise une moins-value de 10 000 €.

Une fois le montant du gain ou de la perte déterminé, le cédant doit le déclarer. Les conséquences fiscales diffÚrent selon qu'il s'agit d'une personne physique ou d'une personne morale :

En cas de gain

Lorsqu’une personne physique rĂ©alise un gain lors de la cession d’actions, celle-ci est considĂ©rĂ©e fiscalement comme une plus-value sur valeurs mobiliĂšres.

La plus-value est, en principe, soumise au prélÚvement forfaitaire unique de 31,4 % comprenant :

  • 12,8 % au titre de l'impĂŽt sur le revenu
  • 18,6 % de prĂ©lĂšvements sociaux

Le cĂ©dant peut toutefois opter pour l’imposition selon le barĂšme progressif de l’impĂŽt sur le revenu, si cette option lui est plus favorable.

Dans ce cas, la plus-value est intégrée au revenu imposable et soumise au taux correspondant à sa tranche d'imposition, comprise entre 0 % et 45 %. Les prélÚvements sociaux de 18,6 % restent applicables.

Lorsque le cédant opte pour le barÚme progressif, il peut, sous certaines conditions, bénéficier d'abattements sur la plus-value lorsque les actions ont été acquises ou souscrites avant le 1er janvier 2018 :

Abattement de droit commun :

  • 50 % pour une durĂ©e de dĂ©tention comprise entre 2 et 8 ans
  • 65 % pour une durĂ©e de dĂ©tention supĂ©rieure Ă  8 ans

Abattement renforcé :

  • 50 % entre 1 et 4 ans
  • 65 % entre 4 et 8 ans
  • 85 % au-delĂ  de 8 ans

L'abattement renforcé s'applique dans l'une des situations suivantes :

  • L'associĂ© cĂšde les actions d'une PME de moins de 10 ans Ă  la date de souscription ou d'acquisition des actions : il s'agit d'une entreprise de moins de 250 salariĂ©s qui rĂ©alise un chiffre d'affaires infĂ©rieur Ă  50 millions d'euros.
  • L'associĂ© cĂšde les actions d'une PME dont il est dirigeant et il part Ă  la retraite : il doit avoir Ă©tĂ© dirigeant en continu et avoir dĂ©tenu au moins 25 % des droits de la sociĂ©tĂ© pendant les 5 ans prĂ©cĂ©dant la cession. Il doit cesser toute activitĂ© dans la sociĂ©tĂ© et faire valoir ses droits Ă  la retraite dans les 2 ans qui suivent la cession.
💡 À noter

Un dirigeant de PME partant Ă  la retraite peut Ă©galement opter pour un abattement fixe de 500 000 €. Celui-ci s'applique aux cessions rĂ©alisĂ©es jusqu'au 31 dĂ©cembre 2031, quelles que soient les modalitĂ©s d'imposition des plus-values (taux forfaitaire ou barĂšme progressif). Il n'est pas cumulable avec un abattement proportionnel de droit commun ou renforcĂ©.

La plus-value doit ensuite ĂȘtre dĂ©clarĂ©e dans la dĂ©claration annuelle de revenus de l’annĂ©e dĂ©posĂ©e l’annĂ©e suivant celle de la cession.

En cas de perte

En cas de moins-value, aucun impĂŽt n’est dĂ» au titre de cette cession. Cette perte peut nĂ©anmoins ĂȘtre utilisĂ©e pour diminuer le montant d’autres gains de mĂȘme nature rĂ©alisĂ©s au cours de la mĂȘme annĂ©e, ou dans certains cas, des annĂ©es suivantes.

Lorsqu'une personne morale rĂ©alise un gain lors de la cession d’actions, celui-ci est imposĂ© selon le rĂ©gime fiscal applicable Ă  la sociĂ©tĂ© (impĂŽt sur les sociĂ©tĂ©s ou rĂ©gime de l’impĂŽt sur le revenu, selon les cas).

Le gain doit ĂȘtre dĂ©clarĂ© dans le cadre de sa dĂ©claration de rĂ©sultat de l’exercice au cours duquel la cession est intervenue.

En cas de moins-value, aucun impĂŽt n’est dĂ» au titre de cette cession. Cette perte peut toutefois, dans certaines situations, ĂȘtre utilisĂ©e pour rĂ©duire le montant des bĂ©nĂ©fices imposables de la sociĂ©tĂ©.

⚠ Attention

L'obligation de dĂ©clarer la plus-value ou la moins-value issue de la cession d’actions incombe au cĂ©dant, qu'il s'agisse d'une personne physique ou d'une personne morale. La sociĂ©tĂ© n'a pas Ă  dĂ©clarer le gain ou la perte rĂ©alisĂ© par l'associĂ© Ă  l'occasion de la cession de ses actions.

Textes de référence

📍 À Mairie de Corneilla-de-Conflent

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