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Professionnels — Mairie de Corneilla-de-Conflent
Cession dâactions dâune sociĂ©tĂ© anonyme (SA)
La cession dâactions en SA correspond Ă la vente des actions dĂ©tenues par un actionnaire (le cĂ©dant) Ă un acquĂ©reur (le cessionnaire). Elle peut intervenir pour permettre Ă un associĂ© de quitter la sociĂ©tĂ©, transmettre son activitĂ© ou rĂ©organiser la rĂ©partition du capital. Elle permet Ă©galement lâentrĂ©e dâun nouvel associĂ© dans la sociĂ©tĂ©.
Pour ĂȘtre valable, la cession dâactions doit respecter un certain nombre dâĂ©tapes.
AprÚs avoir préparé la transmission de l'entreprise et identifié les conditions de la cession, l'associé vendeur (le cédant) doit vérifier s'il est tenu d'informer les salariés du projet.
L'information des salariés se déroule en trois étapes : vérifier que l'obligation d'information s'applique, informer les salariés du projet de cession et recueillir les éventuelles offres d'achat.
Avant de procĂ©der Ă une cession dâactions dans une sociĂ©tĂ© anonyme (SA), lâassociĂ© vendeur doit vĂ©rifier si l'obligation d'information prĂ©alable des salariĂ©s lui est applicable.
Cette obligation dâinformation concerne les cessions portant sur plus de 50 % du capital de la sociĂ©tĂ©.
Ă compter du 27 juillet 2026, les salariĂ©s doivent ĂȘtre informĂ©s directement du projet de cession uniquement dans les SA suivantes :
- Les SA de moins de 50 salariés
- Les SA de 50 salariĂ©s ou plus mais non dotĂ©es dâun comitĂ© social et Ă©conomique (CSE)
Dans les SA dâau moins 50 salariĂ©s et dotĂ©es dâun CSE, la cession ne doit plus ĂȘtre obligatoirement notifiĂ©e aux salariĂ©s : seul le CSE doit ĂȘtre informĂ© et consultĂ© au sujet du projet de cession.
Lâemployeur fournit au CSE les informations nĂ©cessaires pour quâil puisse rendre un avis motivĂ©. Ă dĂ©faut dâaccord collectif, le CSE dispose dâun dĂ©lai dâun mois pour rendre son avis.
Pour plus d'informations sur les modalitĂ©s dâinformation et de consultation du CSE, se reporter Ă la fiche ComitĂ© social et Ă©conomique (CSE).
Lâobligation dâinformation des salariĂ©s ne sâapplique pas lorsque :
- la cession intervient au profit de lâĂ©poux, dâun ascendant ou dâun descendant de lâassociĂ© vendeur
- la sociĂ©tĂ© fait lâobjet dâune procĂ©dure de conciliation, de sauvegarde, de sauvegarde accĂ©lĂ©rĂ©e, de redressement ou de liquidation judiciaire
- la cession a dĂ©jĂ fait lâobjet dâune information des salariĂ©s au titre de lâĂ©conomie sociale et solidaire (ESS) dans les 12 mois prĂ©cĂ©dant la vente
L'information adressée aux salariés doit préciser :
- la volonté de l'associé de céder plus de 50 % du capital de la société
- la possibilitĂ© pour un ou plusieurs salariĂ©s de prĂ©senter une offre d'achat pour lâacquisition des actions de la sociĂ©tĂ©
Ă compter du 27 juillet 2026, lâinformation doit ĂȘtre dĂ©livrĂ©e au plus tard 1 mois avant la signature de la cession, contre 2 mois pour les cessions conclues avant cette date.
Les modalités d'information des salariés varient selon que le cédant est ou non le gérant de la société :
- Lorsque le cédant n'est pas le dirigeant de la société, il informe ce dernier de son projet de cession. Le dirigeant de la société informe alors ensuite les salariés sans délai.
- Lorsque le cédant est également le dirigeant de la société, il informe directement les salariés.
L'information peut ĂȘtre transmise par tout moyen permettant de donner une date certaine Ă sa rĂ©ception, notamment :
- lors d'une réunion d'information : avec signature d'un registre de présence
- par affichage : avec signature d'un registre daté
- par courrier électronique : en utilisant un procédé permettant d'attester de maniÚre certaine la date de réception
- par remise en main propre : avec émargement ou récépissé
- par lettre recommandée avec demande d'avis de réception
- par acte d'un commissaire de justice (anciennement acte d'huissier) ou avocat, etc.
Les salariés peuvent présenter une offre d'achat pour acquérir les actions cédées.
L'associĂ© reste libre d'accepter ou de refuser une offre. Les offres des salariĂ©s ne sont pas prioritaires par rapport aux autres offres d'acquisition et le refus n'a pas Ă ĂȘtre motivĂ©.
La cession peut ĂȘtre rĂ©alisĂ©e avant l'expiration du dĂ©lai dâinformation lorsque tous les salariĂ©s ont indiquĂ© ne pas souhaiter prĂ©senter d'offre.
La vente doit intervenir dans un délai maximal de 2 ans suivant l'expiration du délai d'information. Au-delà , une nouvelle information des salariés est nécessaire.
Les salariés informés sont tenus à une obligation de discrétion. Son non-respect peut entraßner une sanction disciplinaire pouvant aller jusqu'au licenciement du salarié.
En cas de manquement à l'obligation d'information, les salariés peuvent demander réparation de leur préjudice.
Ă compter du 27 juillet 2026, le juge peut accorder des dommages et intĂ©rĂȘts pouvant atteindre 0,5 % du montant de la vente, contre 2 % avant cette date.
Le prix des actions se détermine en trois étapes : leur évaluation, la fixation du prix entre les parties et, en cas de désaccord, le recours à un expert.
Avant de fixer le prix de cession, il est nécessaire d'évaluer la valeur des actions de la SA. Cette évaluation permet de déterminer un prix cohérent avec la situation économique et financiÚre de la société.
Plusieurs mĂ©thodes peuvent ĂȘtre utilisĂ©es pour valoriser lâentreprise :
- Méthode patrimoniale : elle consiste à évaluer l'actif net comptable de l'entreprise.
- MĂ©thode comparative : elle consiste Ă comparer la sociĂ©tĂ© Ă dâautres sociĂ©tĂ©s similaires.
- Méthode de la rentabilité : elle consiste à estimer la capacité future de la société à dégager des bénéfices.
Il est important de combiner ces 3 diffĂ©rentes approches afin dâobtenir une estimation au plus proche de la rĂ©alitĂ© Ă©conomique.
La valeur des actions ne correspond pas nĂ©cessairement Ă leur valeur nominale. Elle dĂ©pend de la valeur rĂ©elle de la sociĂ©tĂ© au moment de la cession. Par exemple, une action dâune valeur nominale de 100 ⏠peut avoir une valeur rĂ©elle supĂ©rieure ou infĂ©rieure selon la situation de la sociĂ©tĂ©.
Pour davantage d'informations sur les méthodes de valorisation, se reporter à la fiche relative à la valorisation de l'entreprise avant sa transmission.
Le cĂ©dant et le cessionnaire dĂ©terminent librement le prix des actions. Le prix doit ĂȘtre dĂ©terminĂ© ou dĂ©terminable au moment de la cession. Le montant exact n'a pas forcĂ©ment besoin d'ĂȘtre fixĂ© immĂ©diatement.
Le vendeur et lâacquĂ©reur peuvent ainsi :
- fixer un prix dĂ©finitif dĂšs la signature de lâacte de cession
- prévoir une méthode de calcul permettant de déterminer le prix ultérieurement
- convenir dâun complĂ©ment de prix dĂ©pendant dâĂ©lĂ©ments futurs (clause de garantie de chiffre dâaffaires ou de rĂ©sultats).
Le prix peut ĂȘtre diffĂ©rent de la valeur estimĂ©e des actions dĂšs lors que les parties y consentent librement.
Un prix manifestement fictif ou dérisoire peut entraßner la nullité de la cession ou une requalification en donation déguisée par l'administration fiscale.
Il en est de mĂȘme lorsque la cession intervient entre personnes liĂ©es (associĂ©s, membres d'une mĂȘme famille, sociĂ©tĂ© contrĂŽlĂ©e par l'une des parties, etc.), l'administration fiscale peut vĂ©rifier que le prix retenu correspond Ă la valeur rĂ©elle des actions.
Le prix et les modalitĂ©s de paiement devront ensuite ĂȘtre mentionnĂ©s dans l'acte de cession. Les parties peuvent notamment prĂ©voir :
- un paiement comptant
- un paiement échelonné
- des garanties de paiement au profit du cédant.
Le cĂ©dant et le cessionnaire doivent se mettre dâaccord sur le prix des actions. Ce prix doit ĂȘtre dĂ©terminĂ© ou dĂ©terminable au moment de la cession.
ConcrĂštement, le montant exact n'a pas forcĂ©ment besoin d'ĂȘtre fixĂ© immĂ©diatement. L'acte de cession peut prĂ©voir les critĂšres ou la mĂ©thode de calcul qui permettront de le dĂ©terminer ultĂ©rieurement (par exemple Ă partir des comptes de la sociĂ©tĂ© ou d'une formule convenue entre les parties).
Le prix doit ĂȘtre dĂ©terminĂ© ou dĂ©terminable pour l'ensemble des actions cĂ©dĂ©es, et non seulement pour une partie d'entre elles. Ă dĂ©faut, la cession risque d'ĂȘtre remise en cause.
Lorsque les parties ne parviennent pas Ă s'accorder sur la valeur des actions, elles peuvent faire appel Ă un expert spĂ©cialisĂ© dans lâĂ©valuation dâactions, tel quâun expert-comptable, un avocat ou encore un commissaire aux comptes.
Le cĂ©dant et le cessionnaire peuvent ensemble dĂ©signer un expert chargĂ© de lâĂ©valuation. A dĂ©faut dâaccord, lâexpert est dĂ©signĂ© par le prĂ©sident du tribunal compĂ©tent.
Dans ce cadre, lâexpert dĂ©termine la valeur des actions en toute indĂ©pendance. Il peut retenir les mĂ©thodes dâĂ©valuation quâil estime les plus adaptĂ©es Ă la situation de la sociĂ©tĂ©, en tenant compte notamment de sa situation financiĂšre, de sa rentabilitĂ© et de ses perspectives dâactivitĂ©.
La valeur quâil fixe sâimpose en principe aux parties.
Pour aller plus loin sur les professionnels susceptibles dâaccompagner une entreprise dans ces dĂ©marches, se reporter Ă la fiche relative aux professionnels intervenant dans la gestion dâune entreprise.
Pour en savoir plus, la DGFIP met Ă disposition un guide sur lâĂ©valuation des entreprises et des titres de sociĂ©tĂ©s :
Dans une SA non cotée, les actions sont en principe librement cessibles. Toutefois, les statuts peuvent subordonner la cession à l'accord préalable des associés ou prévoir d'autres clauses encadrant la cession.
Dans une SA cotĂ©e (dont les actions sont admises aux nĂ©gociations sur un marchĂ© rĂ©glementĂ©), les statuts ne peuvent pas prĂ©voir une telle clause dâagrĂ©ment.
Les statuts dâune SA peuvent comporter une clause dâagrĂ©ment.
La clause dâagrĂ©ment permet de contrĂŽler lâentrĂ©e dâun nouvel actionnaire dans la sociĂ©tĂ© en soumettant la cession des actions Ă lâaccord prĂ©alable de la sociĂ©tĂ©.
Lorsqu'une clause d'agrément est prévue dans les statuts, la demande d'agrément est notifiée à la société ou au président.
La violation de la clause d'agrément entraßne la nullité de la cession.
La clause dâagrĂ©ment peut sâappliquer aux cessions rĂ©alisĂ©es au profit dâun tiers, dâun autre actionnaire ou dâun membre de la famille (conjoint, ascendant ou descendant),
Lorsqu'une clause d'agrĂ©ment est prĂ©vue par les statuts, le projet de cession doit ĂȘtre notifiĂ© Ă la sociĂ©tĂ©.
La notification indique les nom, prĂ©noms et adresse de l'acquĂ©reur, le nombre dâactions concernĂ©es par la cession et le prix offert.
L'organe compĂ©tent dĂ©signĂ© par les statuts se prononce ensuite sur la demande d'agrĂ©ment selon les modalitĂ©s prĂ©vues par les statuts, notamment en ce qui concerne les rĂšgles de majoritĂ© et le dĂ©lai dans lequel la dĂ©cision doit ĂȘtre rendue.
à l'issue de la procédure, deux situations peuvent se présenter : l'agrément est accordé ou est refusé.
Lorsque l'agrément est accordé, le cédant peut réaliser la cession dans les conditions prévues.
La dĂ©cision d'agrĂ©ment doit ĂȘtre conservĂ©e afin de pouvoir justifier du respect de la procĂ©dure. En pratique, elle est gĂ©nĂ©ralement constatĂ©e dans un procĂšs-verbal d'assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale ou dans tout autre document prĂ©vu par les statuts.
Lorsque l'agrément est refusé, les conséquences sont celles prévues par les statuts.
Ceux-ci peuvent notamment prĂ©voir que les actions seront acquises par un ou plusieurs associĂ©s, par un tiers dĂ©signĂ© ou, avec l'accord du cĂ©dant, par la sociĂ©tĂ© elle-mĂȘme dans les conditions prĂ©vues par la loi.
Le prix de rachat est fixé d'un commun accord entre les parties. En cas de désaccord, la valeur des actions est déterminée par un expert désigné selon les modalités prévues par la réglementation applicable.
Les statuts peuvent prévoir d'autres clauses encadrant la cession des actions. Avant de réaliser la cession, il est donc nécessaire de vérifier si les statuts contiennent l'une des clauses suivantes.
1) Clause de préemption
La clause de préemption (ou « clause de préférence ») accorde à un ou plusieurs associés un droit de priorité pour acquérir les actions faisant l'objet de la cession.
Dans une SA, une telle clause est gĂ©nĂ©ralement prĂ©vue dans un pacte d'actionnaires. Les actions doivent alors ĂȘtre proposĂ©es en prioritĂ© au bĂ©nĂ©ficiaire de la clause, selon les modalitĂ©s prĂ©vues par le pacte, avant de pouvoir ĂȘtre cĂ©dĂ©es Ă un autre acquĂ©reur.
La violation d'une clause de prĂ©emption n'entraĂźne, en principe, pas la nullitĂ© de la cession. En revanche, elle peut engager la responsabilitĂ© du cĂ©dant et donner lieu au versement de dommages et intĂ©rĂȘts.
2) Clause dâinaliĂ©nabilitĂ©
La clause d'inaliénabilité interdit la cession des actions pendant une durée déterminée, qui ne peut pas excéder 10 ans.
Les statuts prĂ©cisent notamment le point de dĂ©part et la durĂ©e de cette interdiction. Ă son expiration, les actions peuvent ĂȘtre cĂ©dĂ©es, sous rĂ©serve du respect des autres clauses statutaires Ă©ventuellement applicables.
Cette clause ne peut ĂȘtre adoptĂ©e ou modifiĂ©e qu'Ă l'unanimitĂ© des associĂ©s.
Il peut ĂȘtre prĂ©vu que l'inaliĂ©nabilitĂ© impacte seulement les actions de certains associĂ©s nommĂ©ment dĂ©signĂ©s dans les statuts (ex : les associĂ©s considĂ©rĂ©s comme essentiels Ă la pĂ©rennitĂ© de la sociĂ©tĂ©). Il est Ă©galement possible de limiter lâinaliĂ©nabilitĂ© Ă une certaine proportion de droits sociaux de chaque associĂ©, de sorte que la part excĂ©dant cette proportion reste cessible.
La cession d'actions doit ĂȘtre formalisĂ©e par un document signĂ© par les parties. Selon les modalitĂ©s retenues, ce document peut prendre diffĂ©rentes formes.
Le document utilisé pour constater la cession dépend des modalités retenues par les parties. Le cédant et le cessionnaire peuvent formaliser leur accord dans un acte de cession ou au moyen d'une déclaration de cession de droits sociaux (la cession n'est donc pas constatée par un acte).
Les parties peuvent établir un acte de cession afin de formaliser leur accord et de préciser les conditions de la vente.
L'acte de cession permet notamment de conserver une preuve de l'accord conclu entre le cédant et le cessionnaire.
Il doit comporter les mentions obligatoires suivantes :
- Nom des parties
- Identité de la société (dénomination sociale, capital social, adresse du siÚge social, etc.)
- Nombre et désignation des actions cédées (si elles sont numérotées)
- Prix de vente de la cession et modalités de paiement
- Détail de l'agrément des associés, le cas échéant
L'acte est Ă©tabli en autant d'exemplaires que nĂ©cessaire afin que chaque partie puisse en conserver un. Chacun des exemplaires doit ĂȘtre signĂ© par les parties.
Lorsque les parties n'Ă©tablissent pas d'acte de cession, la cession peut ĂȘtre dĂ©clarĂ©e au moyen d'une dĂ©claration de cession de droits sociaux, appelĂ©e formulaire n°2759 :
Pour en savoir plus sur la déclaration de cession de droits sociaux en ligne, la DGFiP met à disposition une FAQ :
Cette déclaration permet de formaliser la cession auprÚs de l'administration fiscale puis d'acquitter les droits d'enregistrement dus.
La rĂ©daction dâun acte de cession nâest pas obligatoire pour constater une cession dâactions de SA. Elle reste toutefois recommandĂ©e pour sĂ©curiser les conditions de la cession.
La signature du document de cession matĂ©rialise lâaccord des parties et rend la vente opposable entre le vendeur et lâacheteur.
La signature peut ĂȘtre manuscrite ou Ă©lectronique. Dans tous les cas, elle permet dâauthentifier lâaccord des parties.
Pour ĂȘtre valable, la signature Ă©lectronique doit :
- Ătre rattachĂ©e de façon unique Ă son signataire.
- Avoir Ă©tĂ© créée Ă lâaide de donnĂ©es de crĂ©ation de signature Ă©lectronique que le signataire peut, avec un niveau de confiance Ă©levĂ©, utiliser sous son contrĂŽle exclusif.
- Ătre liĂ©e aux donnĂ©es associĂ©es Ă cette signature de telle sorte que toute modification ultĂ©rieure des donnĂ©es soit dĂ©tectable.
Pour en savoir plus sur la signature électronique :
La signature scannĂ©e et apposĂ©e sur un document ne permet pas d'en identifier l'auteur avec certitude. Cette signature est valable mais peut ĂȘtre contestĂ©e devant les juges par l'une des parties au contrat qui souhaiterait, par exemple, faire annuler la cession.
Lorsque les parties choisissent dâĂ©tablir un acte de cession, elles peuvent y insĂ©rer certaines clauses destinĂ©es Ă sĂ©curiser l'opĂ©ration et Ă rĂ©partir les risques entre le cĂ©dant et le cessionnaire.
Câest le cas de la clause de garantie dâactif et de passif, qui peut ĂȘtre insĂ©rĂ©e dans lâacte de cession.
Elle permet dâencadrer les risques liĂ©s Ă la situation financiĂšre de la sociĂ©tĂ© aprĂšs la cession, et donc de couvrir Ă la fois le cĂ©dant et le cessionnaire.
Son objectif est double :
- La garantie de passif couvre les dettes et risques antĂ©rieurs Ă la cession (un redressement fiscal sur un exercice prĂ©cĂ©dent la vente, par exemple) : lâobjectif est ici de protĂ©ger le cessionnaire contre les dettes cachĂ©es.
- La garantie dâactif couvre la valeur des Ă©lĂ©ments dâactif de la sociĂ©tĂ© (une crĂ©ance inscrite dans les comptes de la sociĂ©tĂ© mais finalement irrĂ©couvrable) : lâobjectif est de protĂ©ger le cessionnaire contre une surĂ©valuation de la sociĂ©tĂ©.
La garantie dâactif et de passif peut ĂȘtre prĂ©vue de maniĂšre partielle ou complĂšte : il est possible de prĂ©voir uniquement une garantie de passif, uniquement une garantie dâactif, ou les deux. Lorsque les deux garanties sont prĂ©vues, le cessionnaire est protĂ©gĂ© sur lâensemble de la situation financiĂšre antĂ©rieure de la sociĂ©tĂ©.
Pour le cĂ©dant, la mise en place dâune telle garantie peut faciliter la vente des actions, en renforçant la confiance du repreneur et en sĂ©curisant lâaccord trouvĂ© entre les parties, notamment sur le prix de cession.
En contrepartie, elle peut engager sa responsabilité aprÚs la vente si des dettes ou des anomalies antérieures apparaissent.
La clause de garantie dâactif et de passif est librement dĂ©finie par les parties dans lâacte de cession ou dans un acte distinct.
Aucune mention obligatoire nâest imposĂ©e, mais Ă titre indicatif, elle peut contenir les Ă©lĂ©ments suivants :
- Catégories de dettes qui entrent dans le champ de la garantie. En l'absence de précision, la garantie couvre l'ensemble des dettes liées à l'activité de la société.
- Date de départ de la garantie : la date qui permet d'apprécier l'origine antérieure ou postérieure de la dette.
- Durée de la clause de garantie: entre 3 et 5 ans, par exemple.
- Calcul de l'indemnisation éventuellement due: qui peut inclure un pourcentage de prise en charge variable ou dégressif.
- Montant plancher de la garantie : le montant Ă partir duquel la garantie peut ĂȘtre activĂ©e.
- Montant plafond de l'indemnisation : le montant maximum Ă hauteur duquel le cĂ©dant sâengage. Il nây a pas dâobligation de payer au-delĂ .
- ModalitĂ©s de mise en Ćuvre : des informations supplĂ©mentaires nĂ©cessaires pour appliquer la garantie (justification du passif, modalitĂ©s d'envoi de la demande d'indemnisation, etc.).
Il existe Ă©galement dâautres types de garanties pouvant ĂȘtre prĂ©vues dans lâacte de cession, en fonction de la nĂ©gociation entre les parties et de la nature de lâopĂ©ration :
- Clause de garantie de valeur nette des titres : fixe une valeur minimale de la société à la date de la cession.
- Clause de garantie de chiffre dâaffaires ou de rĂ©sultats (earn-out ou complĂ©ment de prix) : le prix de cession dĂ©pend en partie des performances futures de la sociĂ©tĂ©.
- Clause de garantie de non-concurrence : le cĂ©dant sâengage Ă ne pas exercer une activitĂ© concurrente pendant une durĂ©e et dans une zone dĂ©terminĂ©es.
La cession dâactions dâune SA devient opposable Ă la sociĂ©tĂ© par son inscription dans le registre des mouvements de titres et la mise Ă jour des comptes individuels des associĂ©s.
La société doit constater la réalisation de la cession dans son registre des mouvements de titres.
Cette inscription permet de matĂ©rialiser le transfert de propriĂ©tĂ© des actions entre le cĂ©dant et le cessionnaire et permet Ă la sociĂ©tĂ© dâidentifier son nouvel associĂ©.
Le registre doit notamment mentionner :
- la date de la cession
- lâidentitĂ© du cĂ©dant et du cessionnaire
- le nombre dâactions transfĂ©rĂ©es
- la nature de lâopĂ©ration (cession)
- les références des actions concernées
Ă la suite de lâinscription du mouvement de titres, la sociĂ©tĂ© procĂšde Ă la mise Ă jour des comptes individuels dâactionnaires :
- les actions cédées sont retirées du compte du cédant
- elles sont inscrites sur le compte du cessionnaire
Le cessionnaire est alors reconnu par la société comme titulaire des actions acquises.
La cession devient opposable à la société à compter de l'inscription du transfert dans les comptes d'actionnaires, constatée dans les registres de la société.
Une fois la cession rĂ©alisĂ©e, les parties doivent procĂ©der Ă son enregistrement auprĂšs du service service de la publicitĂ© fonciĂšre et de lâenregistrement (SPFE) compĂ©tent, et acquitter les droits dâenregistrement.
La cession d'actions de SA doit ĂȘtre enregistrĂ©e auprĂšs du service de la publicitĂ© fonciĂšre et de lâenregistrement (SPFE) du lieu domicile du cessionnaire ou du cĂ©dant :
En principe, les droits dâenregistrement sontĂ la charge du cessionnaire, câest-Ă -dire lâacquĂ©reur des actions. Toutefois, les parties peuvent convenir dâune autre rĂ©partition de cette charge, notamment en prĂ©voyant que les droits seront supportĂ©s par le cĂ©dant ou rĂ©partis entre elles.
Les documents à transmettre diffÚrent selon que la cession est ou non constatée par un acte de cession :
Lorsque les parties ont signĂ© un acte de cession constatant la vente des actions, cet acte doit ĂȘtre prĂ©sentĂ© Ă l'enregistrement dans le dĂ©lai d'un mois suivant sa signature.
L'acte est déposé auprÚs du service chargé de l'enregistrement compétent. Il permet de justifier de l'existence de la cession et des conditions convenues entre les parties (identité du cédant et du cessionnaire, nombre d'actions cédées, prix de cession, etc.).
Les parties ne sont pas tenues d'Ă©tablir un acte de cession pour cĂ©der des actions de SA. Lorsque la cession n'est pas constatĂ©e par un acte Ă©crit, elle doit nĂ©anmoins ĂȘtre dĂ©clarĂ©e Ă l'administration fiscale dans le mois de la cession.
Si la cession nâest pas constatĂ©e par un acte Ă©crit (accord oral entre associĂ©s, accord informel non immĂ©diatement rĂ©digĂ©, etc.), la dĂ©claration doit ĂȘtre effectuĂ©e soit au moyen du service en ligne disponible sur impots.gouv.fr dans votre espace personnel (rubrique DĂ©marches > Cessions de droit sociaux) :
La cession peut Ă©galement ĂȘtre effectuĂ©e au moyen du formulaire n°2759, Ă dĂ©poser en double exemplaire au service de lâenregistrement dont dĂ©pend lâune des parties :
Cette déclaration permet à l'administration fiscale de constater la cession en l'absence d'acte.
Les droits dâenregistrement sont calculĂ©s en appliquant un pourcentage au prix de cession. Ce pourcentage varie selon la nature de la sociĂ©tĂ© dont les actions sont cĂ©dĂ©es.
Pour les cessions dâactions de SA, le droit dâenregistrement est fixĂ© Ă 0,1 %, calculĂ© sur le prix de cession.
Une SA compte 1 000 actions. Un associĂ© cĂšde 500 actions pour un prix de 100 000 âŹ.
Les droits dâenregistrement sont calculĂ©s sur le prix de cession, soit 100 000 âŹ.
Le montant des droits dâenregistrement est donc de :
100 000 ⏠x 0,1 % = 100 âŹ.
Le cessionnaire devra donc acquitter 100 ⏠de droits dâenregistrement.
Le taux est portĂ© Ă 5 % lorsque la cession porte sur des actions dâune sociĂ©tĂ© Ă prĂ©pondĂ©rance immobiliĂšre.
Le montant des droits dâenregistrement ne peut pas ĂȘtre infĂ©rieur Ă 25 âŹ.
Une SA compte 1 000 actions. Un associĂ© cĂšde 500 actions pour un prix de 100 âŹ.
Les droits dâenregistrement sont calculĂ©s sur le prix de cession, soit 100 âŹ.
Le montant des droits dâenregistrement est donc de :
100 ⏠x 0,1 % = 10 âŹ. Ce montant Ă©tant infĂ©rieur Ă 25 âŹ, le cessionnaire devra payer le minimum lĂ©gal de 25 âŹ.
La cession bénéficie d'un abattement de 500 000 ⏠sur la valeur des actions lorsqu'elle est réalisée auprÚs de l'une des personnes suivantes :
- Soit un salariĂ© de l'entreprise cĂ©dĂ©e. Il doit ĂȘtre employĂ© en CDI Ă temps plein depuis au moins de 2 ans ou avoir un contrat d'apprentissage en cours au moment de la cession.
- Soit un membre de la famille du cĂ©dant (son Ă©poux ou partenaire de Pacs, ses ascendants ou descendants en ligne directe ou ses frĂšres et sĆurs).
Cet abattement est appliqué lorsque toutes les conditions suivantes sont respectées :
- L'entreprise exerce une activité commerciale, industrielle, artisanale, agricole ou libérale, à l'exception de la gestion de son propre patrimoine mobilier ou immobilier.
- Le cĂ©dant doit avoir dĂ©tenu les titres pendant plus de 2 ans (si le cĂ©dant a lui-mĂȘme acquis les actions Ă titre gratuit, aucun dĂ©lai de dĂ©tention n'est requis).
- Le repreneur doit poursuivre l'activité de la société dont les actions ont été cédées à titre d'activité professionnelle unique et de maniÚre effective et continue, pendant les 5 années qui suivent la date de la vente.
- Le repreneur doit assurer la direction effective de l'entreprise pendant ces 5 années.
La cession d'actions d'une SA n'entraßne pas systématiquement une modification des statuts.
Les statuts doivent ĂȘtre modifiĂ©s lorsque :
- L'article relatif Ă la rĂ©partition du capital social mentionne l'identitĂ© des associĂ©s et/ou le nombre d'actions dĂ©tenues par chacun : la clause devient alors inexacte Ă la suite de la cession et doit ĂȘtre mise Ă jour.
- Une autre décision entraßnant une modification des statuts est prise à l'occasion de la cession (par exemple un changement de dénomination sociale, de siÚge social ou d'objet social).
Les statuts n'ont pas Ă ĂȘtre modifiĂ©s lorsque :
- L'article relatif à la répartition du capital social ne mentionne pas l'identité des associés ni le nombre d'actions détenues par chacun : la cession n'a alors aucune incidence sur les statuts.
- La seule mention du nom des associĂ©s figure dans d'autres parties des statuts, telles que le prĂ©ambule ou les signatures des statuts constitutifs. Ces mentions n'ont pas Ă ĂȘtre actualisĂ©es du seul fait de la cession.
Si les statuts de la SA doivent ĂȘtre modifiĂ©s suite Ă la cession, il convient de respecter les 3 Ă©tapes suivantes :
Afin de procĂ©der Ă la modification des statuts, la dĂ©cision doit ĂȘtre prise par les associĂ©s rĂ©unis en assemblĂ©e.
LâassemblĂ©e doit dâabord ĂȘtre convoquĂ©e par le prĂ©sident de la sociĂ©tĂ©.
Une fois lâassemblĂ©e rĂ©guliĂšrement rĂ©unie, la dĂ©cision de modification des statuts doit ĂȘtre adoptĂ©e selon les rĂšgles de majoritĂ© prĂ©vues par la loi ou par les statuts.
Dans une sociĂ©tĂ© anonyme (SA), la dĂ©cision de modifier les statuts doit ĂȘtre votĂ©e et approuvĂ©e par les actionnaires rĂ©unis en assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale extraordinaire (AGE).
- Lors de la premiÚre convocation, il faut 1/4 des droits de vote (1 droit de vote = 1 action) présents ou représentés et une majorité des 2/3 des voix des actionnaires présents ou représentés.
- Si la 1re convocation est infructueuse, il y a une seconde convocation : il faut 1/5 des droits de vote (1 droit de vote = 1 action) présents ou représentés et une majorité des 2/3 des voix des actionnaires présents ou représentés.
Dans une sociĂ©tĂ© de 10 actionnaires, 3 sont prĂ©sents ou reprĂ©sentĂ©s en premiĂšre convocation, soit 30 % des droits de vote. Le quorum de 1/4 Ă©tant atteint, lâassemblĂ©e peut valablement dĂ©libĂ©rer. La rĂ©solution est adoptĂ©e si elle recueille au moins 2/3 des voix des actionnaires prĂ©sents.
Si la premiĂšre convocation Ă©choue, une seconde peut ĂȘtre organisĂ©e avec un quorum rĂ©duit Ă 1/5 des droits de vote, la majoritĂ© restant fixĂ©e aux 2/3 des voix exprimĂ©es.
Pour en savoir plus, consultez notre fiche sur la prise de décisions dans une SA.
La dĂ©cision de modification des statuts dâune SA doit ĂȘtre constatĂ©e dans un procĂšs-verbal dâassemblĂ©e gĂ©nĂ©rale. Ce procĂšs-verbal est ensuite conservĂ© dans le registre des procĂšs-verbaux de la sociĂ©tĂ©.
Le contenu et les modalités d'établissement du procÚs-verbal sont déterminés par les statuts de la SA. Toutefois, celui-ci doit généralement comporter les informations suivantes :
- Date et lieu de réunion
- Modalités de convocation
- Ordre du jour
- Identité du président de séance
- Liste des associĂ©s prĂ©sents ou reprĂ©sentĂ©s avec lâindication du nombre dâactions dĂ©tenues par chacun
- Documents et rapports soumis Ă lâassemblĂ©e
- Résumé des débats
- Texte des rĂ©solutions mises aux voix (sujets sur lesquels les dĂ©cisions doivent ĂȘtre prises)
- Résultat détaillé des votes
- Mention des articles des statuts concernés par la modification et indication de leur nouvelle rédaction
Une fois la dĂ©cision de modification des statuts adoptĂ©e, les statuts doivent ĂȘtre mis Ă jour pour tenir compte de la nouvelle rĂ©partition des actions entre les associĂ©s.
Il convient de modifier l'article des statuts relatif Ă la rĂ©partition des actions afin d'y faire figurer l'identitĂ© des associĂ©s aprĂšs la cession ainsi que le nombre dâactions dĂ©tenues par chacun.
La cession dâactions ne modifie pas le montant du capital social. Seule la rĂ©partition des actions entre les associĂ©s est mise Ă jour.
Une fois les modifications effectuĂ©es, les statuts mis Ă jour doivent ĂȘtre datĂ©s et certifiĂ©s conformes Ă l'original par le reprĂ©sentant lĂ©gal de la sociĂ©tĂ©. Les statuts devront ensuite ĂȘtre transmis dans le cadre de la formalitĂ© dĂ©clarative auprĂšs du guichet des formalitĂ©s des entreprises.
Ă lâissue de la cession, la sociĂ©tĂ© doit accomplir les formalitĂ©s requises selon les modifications intervenues : publication dâun avis dans un support habilitĂ© Ă recevoir des annonces lĂ©gales lorsque cela est nĂ©cessaire, dĂ©claration sur le guichet des formalitĂ©s des entreprises en cas de modification Ă dĂ©clarer et mise Ă jour des bĂ©nĂ©ficiaires effectifs lorsque la cession entraĂźne une modification de ces derniers.
La cession dâactions ne nĂ©cessite pas Ă elle seule la publication dâune annonce lĂ©gale dans un support dâannonces lĂ©gales (Shal).
En revanche, une annonce légale est requise lorsque l'opération s'accompagne d'une modification des statuts soumise à publicité, telle qu'un changement de président, un changement d'objet social ou toute autre modification statutaire devant faire l'objet d'une mesure de publicité. L'avis est alors publié dans un Shal du département du siÚge social de la société.
La publication doit ĂȘtre rĂ©alisĂ©e dans un dĂ©lai d'un mois Ă compter de la prise de dĂ©cision.
L'avis de publication doit contenir les éléments suivants :
- Raison ou dénomination sociale
- Forme juridique
- Capital social
- Objet social
- Adresse du siĂšge social
- Lieu et numéro d'immatriculation au RCS ou au RNE
- Décision ou procÚs-verbal de l'assemblée générale daté et signé
- Description des modifications statutaires soumises Ă publicitĂ© intervenues (par exemple : changement de prĂ©sident, modification de l'objet social ou de la dĂ©nomination sociale). La cession dâactions, en elle-mĂȘme, n'a pas Ă ĂȘtre mentionnĂ©e dans l'annonce lĂ©gale.
Une fois la publication effectuée, une attestation de parution de l'avis de modification est délivrée. Celle-ci fait partie des documents à transmettre au guichet des formalités des entreprises, dans le dossier de modification.
La cession de titres n'entraßne pas, à elle seule, le dépÎt d'un dossier de modification sur le guichet des formalités des entreprises, sauf si les statuts, notamment l'article relatif à la répartition des actions, mentionnent l'identité des associés et/ou le nombre d'actions détenues.
De mĂȘme, lorsqu'elle s'accompagne d'une modification devant ĂȘtre dĂ©clarĂ©e (par exemple une modification des statuts, un changement de dirigeant ou toute autre modification soumise Ă dĂ©claration), un dossier de modification doit ĂȘtre dĂ©posĂ© sur le guichet des formalitĂ©s des entreprises dans un dĂ©lai d'un mois.
Depuis le 1er janvier 2023, les formalitĂ©s de crĂ©ation, de modification et de cessation d'activitĂ© doivent ĂȘtre rĂ©alisĂ©es en ligne sur le guichet des formalitĂ©s des entreprises. Ce « guichet unique » remplace les centres de formalitĂ©s des entreprises (CFE) qui sont supprimĂ©s. Il concerne toutes les entreprises, quelle que soit leur forme juridique ou leur activitĂ©.
Le dossier de modification comporte, selon la nature des modifications déclarées, les piÚces justificatives suivantes :
- Exemplaire du procÚs-verbal ayant décidé la modification des statuts
- Exemplaire des statuts mis Ă jour lorsquâils ont Ă©tĂ© modifiĂ©s (par exemple, si la rĂ©partition des actions figure dans les statuts) datĂ© et certifiĂ© conforme Ă lâoriginal par le reprĂ©sentant lĂ©gal
- Attestation de parution de lâavis dans un support dâannonces lĂ©gales (Shal), si nĂ©cessaire
- Déclaration de modification automatiquement générée sur le guichet des formalités des entreprises
- Toute autre piÚce justificative exigée en fonction de la modification statutaire supplémentaire déclarée.
Dans une SA, les associĂ©s ne figurent pas sur lâextrait dâimmatriculation (extrait RNE ou extrait Kbis). Par consĂ©quent, un changement dâassociĂ©s nâentraĂźne pas, Ă lui seul, la mise Ă jour de lâextrait dâimmatriculation.
Un nouvel extrait pourra toutefois ĂȘtre dĂ©livrĂ© si dâautres modifications sont dĂ©clarĂ©es simultanĂ©ment, telles quâun changement de dirigeant ou la mise Ă jour de lâadresse du prĂ©sident, par exemple.
La cession dâactions entraĂźne gĂ©nĂ©ralement une modification des bĂ©nĂ©ficiaires effectifs de la sociĂ©tĂ©. Dans ce cas, une dĂ©claration modificative des bĂ©nĂ©ficiaires effectifs doit ĂȘtre dĂ©posĂ©e sur le guichet des formalitĂ©s des entreprises.
Cette déclaration est obligatoire lorsqu'une personne physique acquiert ou perd le contrÎle de la société, ou lorsque son pourcentage de détention franchit le seuil de 25 % du capital ou des droits de vote.
Câest le cas si le pourcentage de dĂ©tention change :
Avant la cession, M. X dĂ©tient 20 % du capital et Mme Y 80 %. AprĂšs la cession dâactions, M. X dĂ©tient 30 % du capital et Mme Y 70 %.
La dĂ©claration des bĂ©nĂ©ficiaires effectifs doit ĂȘtre mise Ă jour car le pourcentage de dĂ©tention de M. X a Ă©voluĂ© et il devient bĂ©nĂ©ficiaire effectif.
Une dĂ©claration des bĂ©nĂ©ficiaires effectifs peut Ă©galement ĂȘtre nĂ©cessaire lorsque les pourcentages de dĂ©tention restent identiques, mais que les personnes dĂ©tenant les actions changent :
Avant la cession, Mme Y dĂ©tient 70 % du capital et M. X 30 %. Mme Y cĂšde lâintĂ©gralitĂ© de ses actions Ă M. Z, qui dĂ©tient dĂ©sormais 70 %, tandis que M. X conserve 30 %.
La dĂ©claration des bĂ©nĂ©ficiaires effectifs doit ĂȘtre mise Ă jour afin de remplacer Mme Y par M. Z, sans modification des pourcentages de dĂ©tention.
AprÚs avoir réalisé les formalités liées à la cession, le cédant doit déclarer l'opération à l'administration fiscale. Selon le prix auquel les actions ont été achetées et revendues, la cession peut entraßner un gain ou une perte.
Pour savoir si la cession a généré un gain ou une perte pour le cédant, il faut comparer :
- le prix de cession des actions
- leur prix dâacquisition
3 situations peuvent se présenter :
- si le prix de cession est supĂ©rieur au prix dâacquisition, le cĂ©dant rĂ©alise un gain (appelĂ© plus-value)
- si le prix de cession est infĂ©rieur au prix dâacquisition, le cĂ©dant rĂ©alise une perte appelĂ©e (moins-value)
- si les deux montants sont identiques, aucune plus-value ni moins-value nâest constatĂ©e
Un associĂ© a achetĂ© des actions pour 40 000 âŹ. Il les revend 60 000 âŹ. Il rĂ©alise donc une plus-value de 20 000 âŹ.
Ă lâinverse, si lâassociĂ© a achetĂ© des actions pour 40 000 ⏠et les revend 30 000 âŹ, il rĂ©alise une moins-value de 10 000 âŹ.
Une fois le montant du gain ou de la perte déterminé, le cédant doit le déclarer. Les conséquences fiscales diffÚrent selon qu'il s'agit d'une personne physique ou d'une personne morale :
En cas de gain
Lorsquâune personne physique rĂ©alise un gain lors de la cession dâactions, celle-ci est considĂ©rĂ©e fiscalement comme une plus-value sur valeurs mobiliĂšres.
La plus-value est, en principe, soumise au prélÚvement forfaitaire unique de 31,4 % comprenant :
- 12,8Â % au titre de l'impĂŽt sur le revenu
- 18,6 % de prélÚvements sociaux
Le cĂ©dant peut toutefois opter pour lâimposition selon le barĂšme progressif de lâimpĂŽt sur le revenu, si cette option lui est plus favorable.
Dans ce cas, la plus-value est intégrée au revenu imposable et soumise au taux correspondant à sa tranche d'imposition, comprise entre 0 % et 45 %. Les prélÚvements sociaux de 18,6 % restent applicables.
Lorsque le cédant opte pour le barÚme progressif, il peut, sous certaines conditions, bénéficier d'abattements sur la plus-value lorsque les actions ont été acquises ou souscrites avant le 1er janvier 2018 :
Abattement de droit commun :
- 50 % pour une durée de détention comprise entre 2 et 8 ans
- 65 % pour une durée de détention supérieure à 8 ans
Abattement renforcé :
- 50Â % entre 1 et 4 ans
- 65Â % entre 4 et 8 ans
- 85Â % au-delĂ de 8 ans
L'abattement renforcé s'applique dans l'une des situations suivantes :
- L'associé cÚde les actions d'une PME de moins de 10 ans à la date de souscription ou d'acquisition des actions : il s'agit d'une entreprise de moins de 250 salariés qui réalise un chiffre d'affaires inférieur à 50 millions d'euros.
- L'associé cÚde les actions d'une PME dont il est dirigeant et il part à la retraite : il doit avoir été dirigeant en continu et avoir détenu au moins 25 % des droits de la société pendant les 5 ans précédant la cession. Il doit cesser toute activité dans la société et faire valoir ses droits à la retraite dans les 2 ans qui suivent la cession.
Un dirigeant de PME partant Ă la retraite peut Ă©galement opter pour un abattement fixe de 500 000 âŹ. Celui-ci s'applique aux cessions rĂ©alisĂ©es jusqu'au 31 dĂ©cembre 2031, quelles que soient les modalitĂ©s d'imposition des plus-values (taux forfaitaire ou barĂšme progressif). Il n'est pas cumulable avec un abattement proportionnel de droit commun ou renforcĂ©.
La plus-value doit ensuite ĂȘtre dĂ©clarĂ©e dans la dĂ©claration annuelle de revenus de lâannĂ©e dĂ©posĂ©e lâannĂ©e suivant celle de la cession.
En cas de perte
En cas de moins-value, aucun impĂŽt nâest dĂ» au titre de cette cession. Cette perte peut nĂ©anmoins ĂȘtre utilisĂ©e pour diminuer le montant dâautres gains de mĂȘme nature rĂ©alisĂ©s au cours de la mĂȘme annĂ©e, ou dans certains cas, des annĂ©es suivantes.
Lorsqu'une personne morale rĂ©alise un gain lors de la cession dâactions, celui-ci est imposĂ© selon le rĂ©gime fiscal applicable Ă la sociĂ©tĂ© (impĂŽt sur les sociĂ©tĂ©s ou rĂ©gime de lâimpĂŽt sur le revenu, selon les cas).
Le gain doit ĂȘtre dĂ©clarĂ© dans le cadre de sa dĂ©claration de rĂ©sultat de lâexercice au cours duquel la cession est intervenue.
En cas de moins-value, aucun impĂŽt nâest dĂ» au titre de cette cession. Cette perte peut toutefois, dans certaines situations, ĂȘtre utilisĂ©e pour rĂ©duire le montant des bĂ©nĂ©fices imposables de la sociĂ©tĂ©.
L'obligation de dĂ©clarer la plus-value ou la moins-value issue de la cession dâactions incombe au cĂ©dant, qu'il s'agisse d'une personne physique ou d'une personne morale. La sociĂ©tĂ© n'a pas Ă dĂ©clarer le gain ou la perte rĂ©alisĂ© par l'associĂ© Ă l'occasion de la cession de ses actions.
Services en ligne
Textes de référence
- Code de commerce : article L23-10-1 â Information des salariĂ©s en cas de cession de plus de 50% du capital
- Code de commerce : article L23-10-3 â ModalitĂ©s dâinformation des salariĂ©s
- Code de commerce : article L23-10-5 â DĂ©lai maximal de 2 ans pour rĂ©aliser la cession aprĂšs lâinformation
- Code de commerce : article L23-10-6 â Cas dâexclusion de lâobligation dâinformation des salariĂ©s
- Code de commerce : article L23-10-7 â Information et consultation du CSE dans les sociĂ©tĂ©s soumises Ă cette obligation
- Code de commerce : article L225-96 â DĂ©cisions collectives en SA
- Code de commerce : article L228-1 â Transfert de propriĂ©tĂ© des titres financiers par inscription en compte
- Code de commerce : article L228-23 â PossibilitĂ© de prĂ©voir un agrĂ©ment
- Code de commerce : article L228-24 â En prĂ©sence dâune clause dâagrĂ©ment
- Code de commerce : article R123-66 â Inscription modificative au RCS (via guichet des formalitĂ©s)
- Code de commerce : articles R210-9 Ă R210-11 â Publication dans un support d'annonces lĂ©gales
- Code de commerce : article R225-106 â ĂlĂ©ments constitutifs dâun procĂšs-verbal
- Code de commerce : article R228-8 â Tenue des registres de titres nominatifs
- Code civil : article 1367 â Valeur de la signature
- Code civil : article 1593 â Paiement des droits dâenregistrement Ă la charge de lâacheteur
- Code gĂ©nĂ©ral des impĂŽts : article 150-0 A â Imposition des cessions dâactions
- Code gĂ©nĂ©ral des impĂŽts : article 150-0 D â Calcul de la plus-value et moins-value
- Code gĂ©nĂ©ral des impĂŽts : article 635 â Enregistrement dans un dĂ©lai dâun mois
- Code gĂ©nĂ©ral des impĂŽts : article 674 â Montant minimum de 25 ⏠pour les droits dâenregistrement
- Code gĂ©nĂ©ral des impĂŽts : article 726 â Montant du droit dâenregistrement de la cession
- Code gĂ©nĂ©ral des impĂŽts : article 726 â Montant du droit dâenregistrement de la cession
- Code gĂ©nĂ©ral des impĂŽts : article 732 ter â ExonĂ©ration de droits d'enregistrement