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Professionnels — Mairie de Corneilla-de-Conflent
Redressement judiciaire de l'entrepreneur individuel et du micro-entrepreneur
Lorsqu'une entreprise est en état de cessation des paiements, le chef d'entreprise a l'obligation de faire une déclaration auprÚs du tribunal (de commerce ou judiciaire) dans un délai de 45 jours. Le tribunal peut alors ouvrir une procédure de redressement judiciaire s'il existe une chance de poursuivre l'activité. La procédure de redressement judiciaire débute par une période d'observation.
La procĂ©dure de redressement judiciaire concerne aussi les sociĂ©tĂ©s. Pour plus de dĂ©tails, vous pouvez consulter notre fiche sur le redressement judiciaire dâune sociĂ©tĂ©.
C'est le chef d'entreprise (entrepreneur individuel ou micro-entrepreneur) qui doit demander l'ouverture de la procĂ©dure de redressement judiciaire. L'endettement peut ĂȘtre constituĂ© soit de dettes professionnelles uniquement, soit de dettes professionnelles et de dettes personnelles.
Cette procĂ©dure peut Ă©galement ĂȘtre ouverte Ă la demande d'un crĂ©ancier ou du ministĂšre public.
Lorsqu'un commerçant, un artisan ou un agriculteur est dĂ©cĂ©dĂ© alors qu'il Ă©tait en Ă©tat de cessation des paiements, le tribunal peut ĂȘtre saisi dans le dĂ©lai de un an Ă partir du dĂ©cĂšs sur assignation d'un crĂ©ancier, ou sur requĂȘte du procureur de la RĂ©publique. Le tribunal peut aussi ĂȘtre saisi par un hĂ©ritier sans avoir Ă respecter la condition de dĂ©lai d'un an.
Le chef d'entreprise doit demander l'ouverture de la procédure de redressement judiciaire au plus tard dans les 45 jours qui suivent la cessation des paiements .
La procĂ©dure de redressement judiciaire ne peut pas ĂȘtre demandĂ©e lorsquâune procĂ©dure de conciliation est en cours.
Le chef d'entreprise qui a volontairement tardĂ© Ă demander l'ouverture d'un redressement judiciaire dans un dĂ©lai de 45 jours peut ĂȘtre condamnĂ© par le tribunal Ă une peine d'interdiction de gĂ©rer, de diriger ou d'administrer une entreprise commerciale, artisanale ou agricole.
Cependant, le tribunal ne peut pas prononcer d'interdiction de gérer à l'encontre d'un entrepreneur exerçant une activité libérale réglementée. Dans ce cas, seul l'ordre professionnel (par exemple, Conseil de l'ordre des avocats, conseil de l'ordre des architectes) peut prononcer une sanction disciplinaire.
La demande d'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire se fait auprÚs du tribunal de commerce ou du tribunal judiciaire.
Le tribunal compétent dépend de la nature de l'activité et du lieu d'exercice :
Pour demander l'ouverture d'un redressement judiciaire, le chef d'entreprise doit remplir le modÚle de demande d'ouverture de procédure suivant :
Il doit préciser dans ce formulaire la procédure souhaitée :
- soit un redressement judiciaire si ses dettes sont uniquement professionnelles
- soit une procédure de surendettement si les dettes sont uniquement personnelles
- soit un redressement judiciaire et une procédure de surendettement s'il a des dettes professionnelles et des dettes personnelles
Dans tous les cas, c'est le tribunal de commerce qui décide de la procédure en fonction de la situation financiÚre du chef d'entreprise.
Lorsque les dettes personnelles et les dettes professionnelles sont bien distinctes, le tribunal de commerce ouvre une procédure de redressement judiciaire pour traiter le passif professionnel et saisit la commission de surendettement pour le passif personnel. L'accord du chef d'entreprise est nécessaire.
Si les dettes personnelles et professionnelles ne sont pas strictement distinctes, le tribunal ouvre une procédure de redressement judiciaire qui concerne le patrimoine professionnel et le patrimoine personnel. On parle de procédure bi-patrimoniale.
La Banque de France met à disposition une infographiequi récapitule les différentes situations.
Documents Ă joindre
La demande d'ouverture de redressement judiciaire doit ĂȘtre accompagnĂ©e des documents suivants :
- Extrait K-bis ou attestation d'immatriculation au Registre national des entreprises (RNE)
- Ătat du passif exigible et de l'actif disponible et dĂ©claration de cessation des paiements
- Nombre de salariés employés à la date de la demande (nom, adresse etc.) et le montant du chiffre d'affaires à la date de clÎture du dernier exercice comptable
- Ătat chiffrĂ© des crĂ©ances et des dettes avec l'indication selon le cas, du nom ou de la dĂ©nomination et du domicile ou siĂšge des crĂ©anciers et, pour les salariĂ©s, le montant global des sommes impayĂ©es
- Ătat actif et passif des sĂ»retĂ©s et engagement hors bilan
- Inventaire sommaire des biens de l'entreprise
- S'il s'agit d'une société comportant des membres responsables solidairement des dettes sociales (par exemple, une SNC), la liste de ceux-ci avec l'indication de leur nom et domicile
- Comptes annuels du dernier exercice
- Situation de trésorerie (liste des créances et dettes) datant de moins d'1 mois
- Attestation sur l'honneur certifiant l'absence de désignation d'un mandataire ad hoc ou l'ouverture d'une conciliation dans les 18 mois précédant la demande
- Acte de renonciation à la protection du patrimoine personnel de l'entrepreneur individuel avec le nom du créancier concerné et le montant de l'engagement
- Demande de traitement de la situation de surendettement avec l'état détaillé des revenus et des éléments actifs et passifs du patrimoine
La situation de trésorerie, l'état chiffré des créances et des dettes, l'état actif et passif des sûretés ainsi que celui des engagements hors bilan et l'inventaire sommaire des biens doivent clairement distinguer ce qui relÚve du patrimoine professionnel et du patrimoine personnel.
DĂ©pĂŽt de la demande dâouverture de procĂ©dure de redressement judiciaire
La demande dâouverture de redressement judiciaire doit ĂȘtre dĂ©posĂ©e au tribunal de commerce ou au tribunal des activitĂ©s Ă©conomiques (TAE) :
Depuis le 1er janvier 2025, les tribunaux de commerce de 12 villes sont remplacés par des tribunaux des activités économiques (TAE) pour le traitement des procédures de mandat ad hoc, de conciliation et des procédures collectives. Les tribunaux des villes suivantes sont concernés : Avignon, Auxerre, Le Havre, Le Mans, Limoges, Lyon, Marseille, Nancy, Nanterre, Paris, Saint-Brieuc et Versailles.
Le ministÚre de la Justice met à disposition un simulateur pour connaßtre le tribunal compétent :
Depuis le 1er janvier 2025, des tribunaux des activités économiques (TAE) ont été mis en place dans certains territoires pour le traitement des procédures amiables ou des procédures collectives quelle que soit l'activité exercée.
Ce simulateur permet de connaßtre le tribunal compétent.
Pour en savoir plus sur les TAE, vous pouvez consulter le document suivant.
La demande dâouverture de redressement judiciaire peut ĂȘtre dĂ©posĂ©e en ligne par lâintermĂ©diaire du tribunal digital :
Le tribunal digital est lâaccĂšs en ligne Ă 141 tribunaux de commerce ou au tribunal des activitĂ©s Ă©conomiques (TAE).
Pour accéder au tribunal digital, il faut activer son identité numérique :
Pour demander l'ouverture d'un redressement judiciaire, le chef d'entreprise doit remplir le modÚle de demande d'ouverture de procédure suivant :
Il doit préciser dans ce formulaire la procédure souhaitée :
- soit un redressement judiciaire si ses dettes sont uniquement professionnelles
- soit une procédure de surendettement si les dettes sont uniquement personnelles
- soit un redressement judiciaire et une procédure de surendettement s'il a des dettes professionnelles et des dettes personnelles
Dans tous les cas, c'est le tribunal judiciaire qui décide de la procédure en fonction de la situation financiÚre du chef d'entreprise.
Lorsque les dettes personnelles et les dettes professionnelles sont bien distinctes, le tribunal judiciaire ouvre une procédure de redressement judiciaire pour traiter le passif professionnel et saisit la commission de surendettement pour le passif personnel.
L'accord du chef d'entreprise est nécessaire. Sinon, la procédure de redressement judiciaire traitera à la fois le passif professionnel et le passif personnel.
La Banque de France met à disposition une infographie qui récapitule les différentes situations.
La demande d'ouverture de redressement judiciaire doit ĂȘtre accompagnĂ©e des documents suivants :
- Attestation d'immatriculation au Registre national des entreprises (RNE)
- Ătat du passif exigible et de l'actif disponible (complĂ©tĂ© par la liste des crĂ©ances dont le paiement est poursuivi sur le patrimoine en cause) et dĂ©claration de cessation des paiements
- Nombre de salariés employés à la date de la demande (nom, adresse etc.) et le montant du chiffre d'affaires à la date de clÎture du dernier exercice comptable
- Ătat actif et passif des sĂ»retĂ©s et engagement hors bilan
- Inventaire sommaire des biens de l'entreprise (en distinguant ceux relevant du patrimoine professionnel et ceux relevant du patrimoine personnel). Les actes de renonciation à la protection du patrimoine personnel sont également mentionnées en précisant le nom du créancier concerné et le montant de l'engagement.
- Comptes annuels du dernier exercice
- Situation de trésorerie (liste des créances et dettes) datant de moins d'1 mois
- Attestation sur l'honneur certifiant l'absence de désignation d'un mandataire ad hoc ou l'ouverture d'une conciliation dans les 18 mois précédant la demande
- Lorsque l'entreprise exerce une profession libérale réglementée ou dont le titre est protégé, désignation de l'ordre professionnel ou de l'autorité dont il relÚve
- Acte de renonciation à la protection du patrimoine personnel de l'entrepreneur individuel avec le nom du créancier concerné et le montant de l'engagement
- Demande de traitement de la situation de surendettement avec l'état détaillé des revenus et des éléments actifs et passifs du patrimoine
La demande d'ouverture de redressement judiciaire doit ĂȘtre dĂ©posĂ©e au tribunal judiciaire ou au tribunal des activitĂ©s Ă©conomiques (TAE).
En effet, depuis le 1er janvier 2025, les tribunaux judiciaires de 12 villes sont remplacés par des tribunaux des activités économiques (TAE) pour le traitement des procédures de mandat ad hoc, de conciliation et des procédures collectives. Les tribunaux des villes suivantes sont concernés : Avignon, Auxerre, Le Havre, Le Mans, Limoges, Lyon, Marseille, Nancy, Nanterre, Paris, Saint-Brieuc et Versailles.
Le ministÚre de la Justice met à disposition un simulateur pour connaßtre le tribunal compétent :
Depuis le 1er janvier 2025, des tribunaux des activités économiques (TAE) ont été mis en place dans certains territoires pour le traitement des procédures amiables ou des procédures collectives quelle que soit l'activité exercée.
Ce simulateur permet de connaßtre le tribunal compétent.
Le tribunal judiciaire est compétent pour les professions réglementées du droit suivantes : avocats, notaires, commissaires de justice, greffiers de tribunal de commerce, administrateurs judiciaires et les mandataires judiciaires.
Pour en savoir plus sur les TAE, vous pouvez consulter la page suivante :
Le tribunal prononce le jugement d'ouverture du redressement judiciaire lorsqu'un plan pour sortir l'entreprise de ses difficultés paraßt possible.
Le greffier du tribunal informe l'entrepreneur de l'ouverture de la procédure dans les 8 jours de son prononcé.
Il procÚde également aux formalités de publicité suivantes :
- Mention au RCS pour une activité commerciale et/ou au RNE pour une activité artisanale ou libérale
- Avis au Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales (bodacc.fr)
- Avis dans un support habilité à recevoir des annonces légales (Shal)
Ce jugement d'ouverture a les effets suivants :
- Il met en place une période d'observation qui permettra de réaliser un diagnostic de l'entreprise et de préparer un plan de redressement.
- Il désigne les organes de la procédure qui vont intervenir dans la procédure : il s'agit du juge-commissaire, du mandataire judiciaire et de l'administrateur judiciaire.
Le jugement d'ouverture de la procédure de redressement ouvre une période d'observation qui permet d'apprécier les chances de rétablissement.
La pĂ©riode d'observation dure 6 mois au maximum. Elle peut ĂȘtre renouvelĂ©e une fois, pour une durĂ©e maximale de 6 mois, Ă la demande de l'administrateur, de l'entreprise en difficultĂ© ou du ministĂšre public. Le ministĂšre public peut demander un second renouvellement. La pĂ©riode d'observation peut donc durer jusqu'Ă 18 mois.
Cette période permet de faire un diagnostic de la situation et d'établir un bilan du patrimoine, des revenus et des dettes pour déterminer les mesures qui permettront de poursuivre l'activité.
L'administrateur judiciaire, avec l'aide de l'entreprise en difficulté, élabore le projet de plan de redressement.
Le tribunal désigne les différents intervenants à la procédure :
- Juge-commissaire. Il est chargé de veiller au bon déroulement de la procédure.
- Mandataire judiciaire. Il reprĂ©sente la collectivitĂ© des crĂ©anciers et agit au nom et dans l'intĂ©rĂȘt de ceux-ci.
- Administrateur judiciaire . Il est chargĂ© d'assister l'entrepreneur ou d'assurer seul, entiĂšrement ou en partie, l'administration de l'entreprise en fonction de la mission que le tribunal lui a confiĂ©e. Il Ă©tablit un bilan Ă©conomique et social de l'entreprise. La dĂ©signation d'un administrateur judiciaire est obligatoire lorsque l'entreprise a plus de 20 salariĂ©s et un chiffre d'affaires hors taxes supĂ©rieur Ă 3 000 000 âŹ.
Le mandataire judiciaire et l'administrateur judiciaire sont rĂ©munĂ©rĂ©s par l'entreprise. Cette rĂ©munĂ©ration est fixĂ©e par un arrĂȘtĂ© pour chacune de leurs missions (par exemple, mission d'assistance, Ă©laboration du bilan social et Ă©conomique). Elle dĂ©pend Ă©galement du nombre de salariĂ©s et du chiffre d'affaires de l'entreprise.
Le jugement d'ouverture du redressement judiciaire ouvre une pĂ©riode d'observation. Ă tout moment de cette pĂ©riode d'observation, le tribunal peut ordonner la cessation partielle de l'activitĂ© Ă la demande du chef d'entreprise lui-mĂȘme, du mandataire judiciaire, du ministĂšre public.
L'ouverture d'une période d'observation a des conséquences sur la situation du chef d'entreprise, des contrats en cours et des créanciers.
Le chef d'entreprise reste en fonction pendant la période d'observation. Sa rémunération est maintenue, mais l'administrateur judiciaire peut demander au juge-commissaire de la modifier.
Il ne peut plus modifier son patrimoine professionnel si cela entraßne une diminution de l'actif professionnel. Par exemple, il ne peut pas investir dans de nouveaux équipements.
S'il s'est portĂ© caution de l'entreprise en difficultĂ©, il peut bĂ©nĂ©ficier de l'arrĂȘt du cours des intĂ©rĂȘts et de l'arrĂȘt de tout intĂ©rĂȘt de retard ou majoration.
En l'absence de rémunération, l'entrepreneur peut obtenir sur l'actif de l'entreprise des subsides (sommes d'argent versée à titre de secours) fixés par le juge-commissaire.
L'activitĂ© de la sociĂ©tĂ© se poursuit pendant la pĂ©riode d'observation avec l'assistance de l'administrateur judiciaire qui peut ĂȘtre chargĂ© de surveiller la gestion de l'entreprise ou de co-gĂ©rer l'entreprise avec le chef d'entreprise.
Le chef d'entreprise continue d'exercer sur le patrimoine de l'entreprise les actes de disposition et d'administration qui ne sont pas réservés à l'administrateur judiciaire.
L'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire n'entraßne pas la fin des contrats en cours. C'est l'administrateur judiciaire qui détermine les contrats dont l'exécution est maintenue et ceux qui doivent cesser :
- Le bail commercial se poursuit en principe. Il peut ĂȘtre rĂ©siliĂ© Ă la demande du propriĂ©taire du local si le locataire ne paie pas son loyer. L'administrateur judiciaire peut Ă©galement choisir de ne pas poursuivre le bail. Dans ce cas, sa dĂ©cision s'impose au propriĂ©taire du local.
- Les contrats de travail des salariés se poursuivent. Lorsqu'il existe un comité social et économique (CSE) dans l'entreprise, celui-ci doit désigner un représentant des salariés. Lorsque des licenciements économiques sont urgents, inévitables et indispensables, le juge peut les autoriser.
L'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire affecte tous les créanciers. Les conséquences sont différentes selon que leur créance est apparue avant ou aprÚs le jugement d'ouverture.
Lâouverture de du redressement judiciaire a les effets suivants :
- lnterdiction pour l'entreprise en difficulté de payer toute créance antérieure au jugement d'ouverture. En pratique, cela signifie que l'entreprise ne paie plus ses créances à partir de l'ouverture du jugement de redressement judiciaire. Les créanciers doivent donc effectuer une déclaration de leurs créances auprÚs du mandataire judiciaire.
- Suspension des poursuites individuelles : les crĂ©anciers qui n'ont pas poursuivi l'entreprise pour obtenir le rĂšglement de leurs crĂ©ances avant le jugement d'ouverture ne peuvent plus le faire aprĂšs. La caution ne peut pas ĂȘtre poursuivie pendant la pĂ©riode d'observation.
- ArrĂȘt du cours des intĂ©rĂȘts (lĂ©gaux, conventionnels et de retard) et majorations. Les cautions (personnes physiques) de l'entreprise en difficultĂ© peuvent bĂ©nĂ©ficier de l'arrĂȘt du cours des intĂ©rĂȘts. En revanche, les prĂȘts supĂ©rieurs ou Ă©gaux Ă une annĂ©e ne sont pas concernĂ©s par l'arrĂȘt du cours des intĂ©rĂȘts.
- Déclaration de créance : les créanciers ayant une créance antérieure au jugement d'ouverture doivent déclarer leurs créances auprÚs du mandataire judiciaire, dans un délai de 2 mois à compter de la publication du jugement d'ouverture au bulletin officiel des annonces civiles et commerciales (bodacc.fr).
Les créanciers doivent déclarer leurs créances auprÚs du mandataire judiciaire, dans un délai de 2 mois à compter de la publication du jugement d'ouverture au bulletin officiel des annonces civiles et commerciales (bodacc.fr). Pour en savoir plus sur la déclaration de créance, se reporter à la fiche dédiée.
En principe, l'entreprise en difficulté ne paie pas les créances qui apparaissent aprÚs le jugement d'ouverture de la procédure de redressement judiciaire.
En pratique, les apports en trĂ©sorerie apportĂ©s aprĂšs le jugement d'ouverture doivent ĂȘtre remboursĂ©s avant toutes les autres crĂ©ances. C'est que qu'on appelle le privilĂšge de redressement judiciaire.
Cependant, les créances salariales font exception à cette rÚgle et sont toujours payées en priorité.
D'autres créances sont également payées à leur échéance :
- Créances nécessaires au déroulement de la procédure ou de la période d'observation (par exemple, paiement d'une livraison d'un bien nécessaire à l'activité de la société)
- Contrepartie d'une prestation fournie à l'entreprise en difficulté pendant cette période (par exemple, paiement de travaux de plomberie)
- Créances alimentaires
Pour favoriser la poursuite de l'activité de l'entreprise, le juge-commissaire peut également autoriser le paiement des factures des transporteurs.
à la fin de la période d'observation, le tribunal prend l'une des décisions suivantes :
- ClĂŽture du redressement judiciaire
- Mise en place d'un plan de continuation (ou plan de redressement judiciaire)
- Cession partielle ou totale de lâactivitĂ© de lâentreprise
- Prononcé de la liquidation judiciaire
ClĂŽture du redressement judiciaire
Lorsque l'entreprise a les sommes suffisantes pour payer ses créanciers, le tribunal ordonne la clÎture du redressement judiciaire. Cette situation est trÚs rare en pratique.
Mise en place d'un plan de continuation (ou plan de redressement judiciaire)
Lorsqu'il existe des possibilités sérieuses de redressement de l'entreprise, le tribunal met en place un plan de continuation (ou plan de redressement judiciaire) mettant fin à la période d'observation. Ce plan est destiné à permettre la poursuite de l'activité de l'entreprise, le maintien de l'emploi et le paiement du passif.
AprĂšs avoir entendu le chef dâentreprise, l'administrateur, le mandataire judiciaire et les reprĂ©sentants du personnel, le tribunal arrĂȘte un plan de continuation de l'activitĂ©. Ce plan est Ă©tabli pour une durĂ©e qui ne peut excĂ©der 10 ans.
De plus, pour toute la durĂ©e du plan, le tribunal nomme un administrateur ou un mandataire chargĂ© de veiller Ă la bonne exĂ©cution du plan. Sur demande du ministĂšre public, il peut dĂ©cider du remplacement du chef dâentreprise.
Le plan de redressement peut prĂ©voir des licenciements nĂ©cessaires Ă la survie de l'entreprise. Lorsqu'un plan de sauvegarde de l'emploi doit ĂȘtre Ă©laborĂ©, l'administrateur met en Ćuvre la procĂ©dure prĂ©vue dans le code du travail dans le dĂ©lai d'un mois aprĂšs le jugement.
Le plan peut Ă©galement prĂ©voir l'arrĂȘt ou la cession d'une ou de plusieurs activitĂ©s.
lorsque l'entreprise en redressement judiciaire ne peut plus effectuer le versement des salaires dus à ses salariés, celui-ci est effectué par l'assurance en garantie des salaires (AGS).
Cession partielle ou totale de lâactivitĂ©
Si lâentreprise en difficultĂ© ne peut pas prĂ©senter de plan de continuation, lâadministrateur judiciaire peut prĂ©senter un plan de cession, total ou partiel, des actifs de lâentreprise. Cette alternative entraĂźne le recours au dĂ©pĂŽt dâappels dâoffres de reprise du fonds de commerce de lâentreprise entre les mains de lâadministrateur judiciaire qui le soumet au tribunal. Le tribunal retient alors lâoffre qui rĂ©pond au mieux au maintien de lâactivitĂ©, Ă la sauvegarde des emplois et Ă lâapurement du passif grĂące au prix de cession offert.
Prononcé de la liquidation judiciaire
Lorsque le redressement paraĂźt impossible, le tribunal prononce la liquidation judiciaire.
| Sauvegarde | Redressement judiciaire | Liquidation judiciaire | |
| Cessation des paiements | Non | Oui | Oui |
| CaractÚre obligatoire de la procédure | Non | Oui | Oui |
| Initiative de la procĂ©dure | Uniquement le chef dâentreprise | Une des personnes suivantes :Chef dâentrepriseCrĂ©ancier (Urssaf par exemple)MinistĂšre public (sur requĂȘte) | Une des personnes suivantes :Chef dâentrepriseCrĂ©ancier (Urssaf par exemple)MinistĂšre public (sur requĂȘte) |
| Situation de l'entreprise | DifficultĂ©s juridiques, sociales, Ă©conomiques ou financiĂšres insurmontables | Cessation des paiements | Cessation des paiements et redressement de lâentreprise manifestement impossible |
| Organes de la procĂ©dure nommĂ©s par le tribunal | Mandataire judiciaire : il reprĂ©sente les crĂ©anciersAdministrateur judiciaire  (pour les entreprises dâune certaine importance) : il surveille ou assiste l'entreprise dans sa gestion.Juge-commissaire : il veille Ă la protection des intĂ©rĂȘts en prĂ©sence et au dĂ©roulement rapide de la procĂ©dure. | Mandataire judiciaire : il reprĂ©sente les crĂ©anciers.Administrateur judiciaire (pour les entreprises dâune certaine importance) : il assiste l'entreprise dans sa gestion.Juge-commissaire : il veille Ă la protection des intĂ©rĂȘts en prĂ©sence et au dĂ©roulement rapide de la procĂ©dure. | Liquidateur : il est chargĂ© de vĂ©rifier les crĂ©ances, de vendre les actifs et de procĂ©der aux licenciements et au paiement des crĂ©anciers.Juge-commissaire : il veille Ă la protection des intĂ©rĂȘts en prĂ©sence et au dĂ©roulement rapide de la procĂ©dure. |
| Durée de la période d'observation | 12 mois maximum | 18 mois maximum | Pas de période d'observation |
| CoĂ»t | Honoraires du mandataire judiciaire et de l'administrateur judiciaire Ă la charge de l'entreprise.Frais de greffe | Honoraires du mandataire judiciaire et de l'administrateur judiciaire Ă la charge de l'entreprise.Frais de greffe | Honoraires du liquidateur Ă la charge de lâentreprise. Ils sont pris en charge par la Caisse des dĂ©pĂŽts et consignations si lâentreprise ne dispose pas de fonds.Frais de greffe |
| ConsĂ©quences du jugement d'ouverture | ArrĂȘt des paiementsInterdiction des poursuites individuelles : les crĂ©anciers qui n'ont pas poursuivi l'entreprise pour obtenir le rĂšglement de leurs crĂ©ances avant le jugement d'ouverture ne peuvent plus le faire aprĂšs.ArrĂȘt du cours des intĂ©rĂȘts (lĂ©gaux, conventionnels et de retard) et majorations, sauf pour les prĂȘts supĂ©rieurs ou Ă©gaux Ă 1 an. | ArrĂȘt des paiementsInterdiction des poursuites individuelles : les crĂ©anciers qui n'ont pas poursuivi l'entreprise pour obtenir le rĂšglement de leurs crĂ©ances avant le jugement d'ouverture ne peuvent plus le faire aprĂšs.ArrĂȘt du cours des intĂ©rĂȘts (lĂ©gaux, conventionnels et de retard) et majorations, sauf pour les prĂȘts supĂ©rieurs ou Ă©gaux Ă 1 an. | ArrĂȘt immĂ©diat de l'activitĂ© (maintien parfois autorisĂ© par le tribunal pour 6 mois maximum)Chef dâentreprise perd son pouvoir de direction au profit du liquidateur.Fin des contrats de travailInterdiction des poursuites contre l'entreprise pour des sommes dues et non remboursĂ©esArrĂȘt du cours des intĂ©rĂȘts (lĂ©gaux, conventionnels et de retard) et majorations, sauf pour les prĂȘts supĂ©rieurs ou Ă©gaux Ă 1 an. |
| Objectifs | Faciliter la rĂ©organisation de l'entreprisePermettre la poursuite de l'activitĂ© Ă©conomiqueMaintenir l'emploiApurement du passif | Permettre la poursuite de l'activitĂ© de l'entrepriseMaintenir l'emploiApurement du passifOrganiser la cession de toute lâentreprise ou dâune partie de celle-ci | Fermer l'entrepriseRembourser les crĂ©anciersOrganiser la cession de toute lâentreprise ou dâune partie de celle-ci |
| Fin de la pĂ©riode d'observation | La pĂ©riode d'observation se termine de l'une des façons suivantes :ClĂŽture de la sauvegarde, car disparition des difficultĂ©s de l'entreprise au cours de la pĂ©riode d'observation (rare en pratique)Adoption d'un plan de sauvegarde pour 10 ans maximum qui met fin Ă la pĂ©riode d'observation.Redressement ou liquidation judiciaire si pas de possibilitĂ© pour l'entreprise d'ĂȘtre sauvegardĂ©e | La pĂ©riode d'observation se termine de l'une des façons suivantes :ClĂŽture du redressement judiciaire si l'entreprise a remboursĂ© tous ses crĂ©anciers (trĂšs rare en pratique)Adoption d'un plan de redressement pour 10 ans maximum. Le plan peut prĂ©voir la cession d'une ou de plusieurs activitĂ©s.Liquidation judiciaire si le redressement est manifestement impossible | Ă la fin des opĂ©rations de liquidation, le tribunal prononce l'un des jugements suivants :ClĂŽture de la liquidation pour extinction du passif lorsque le liquidateur a pu rembourser tous les crĂ©anciers (trĂšs rare en pratique)ClĂŽture de la liquidation pour insuffisance d'actifs lorsque l'entreprise n'a plus assez d'argent pour rembourser l'ensemble des crĂ©anciers. |
La procédure de sauvegarde accélérée et la liquidation judiciaire simplifiée ne sont pas traitées dans ce tableau.
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Textes de référence
- Code de commerce : articles L622-3 Ă L622-9 (Ă l'exception de l'article L. 622-6-1) â Dispositions de la procĂ©dure de sauvegarde applicables au redressement judiciaire
- Code de commerce : articles L622-13 Ă L622-33 â Effets de l'ouverture du redressement judiciaire
- Code de commerce : article R.626-52 â Seuils pour les classes de parties affectĂ©es
- Code de commerce : articles L631-1 Ă L631-22 â Ouverture et dĂ©roulement du redressement judiciaire
- Code de commerce : articles R631-1 Ă R631-43 â Ouverture et dĂ©roulement du redressement judiciaire
- Code de commerce : articles L681-1 Ă L681-4 â Entrepreneur individuel et procĂ©dure collective
- Code de commerce : articles A663-4 Ă A663-13 â RĂ©munĂ©ration de l'administrateur judiciaire
- Code de commerce : articles A663-18 Ă A663-29 â RĂ©munĂ©ration du mandataire judiciaire et du liquidateur judiciaire
- Loi n°2023-1059 du 20 novembre 2023 sur l'orientation et la programmation du ministĂšre de la justice â Article 23 sur l'expĂ©rimentation des TAE
- ArrĂȘtĂ© du 5 juillet 2024 relatif Ă l'expĂ©rimentation du tribunal des activitĂ©s Ă©conomiques â Liste des 12 tribunaux des activitĂ©s Ă©conomiques
Voir aussi
- Rétablissement professionnel d'un entrepreneur individuel
- Procédure de conciliation
- Déclaration de cessation des paiements (dépÎt de bilan)
- Déclarer ses créances envers un partenaire commercial en procédure collective
- Liquidation judiciaire d'un entrepreneur individuel (y compris micro-entrepreneur)
- Liquidation judiciaire d'une société
- Séparation des patrimoines professionnel et personnel de l'entrepreneur individuel (y compris du micro-entrepreneur)